Fusillade à Minneapolis : la version fédérale contestée par des vidéos et la police locale
Fusillade à Minneapolis : la version fédérale contestée par des vidéos et la police locale

De hauts responsables de l’administration de Donald Trump maintiennent la version officielle de la mort d’Alex Pretti, abattu par des agents fédéraux de l’immigration, malgré des vidéos qui semblent contredire leur récit et alimentent la colère des autorités locales et d’élus démocrates.

Selon les responsables fédéraux, Pretti aurait agressé des agents lors d’une opération, les contraignant à faire usage de leurs armes en état de légitime défense. Gregory Bovino, chef de la patrouille frontalière, et Kristi Noem ont affirmé que la victime avait entravé l’action des forces de l’ordre. Ils ont également insisté sur le fait que l’infirmier portait une arme à feu légalement détenue.

Des images vidéo examinées par des médias montrent toutefois Pretti tenant un téléphone, et non une arme, alors qu’il s’interpose pour aider des manifestants repoussés au sol. On y voit plusieurs agents le maîtriser, puis un agent pointer son arme dans son dos et tirer à plusieurs reprises, après qu’une autre arme a semblé être retirée de la scène.

Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a déclaré que « les vidéos parlent d’elles-mêmes » et qu’aucun élément ne permet d’affirmer que Pretti ait brandi une arme. Des tensions opposent désormais la police locale aux agents fédéraux, d’autant que les autorités fédérales ont refusé d’associer les responsables locaux à l’enquête.

Cette affaire survient après un autre tir mortel impliquant des agents fédéraux plus tôt dans le mois, celui de Renee Good, dont les circonstances sont également contestées par des images filmées par des témoins. Ces deux décès ont déclenché des manifestations à Minneapolis et dans d’autres villes, dont Los Angeles et Washington.

La sénatrice Amy Klobuchar a dénoncé un déploiement fédéral « incontrôlable et disproportionné » et réclamé le retrait des agents. Des actions en justice ont été engagées par des autorités locales et étatiques, et un juge fédéral a ordonné la préservation de toutes les preuves liées à la fusillade, en attendant une audience complète.

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