Le monde de la musique perd une figure atypique et visionnaire. Le chef d’orchestre finlandais Leif Segerstam, connu pour sa créativité débridée et ses performances énergiques, est décédé à l’âge de 80 ans, a annoncé la chaîne publique YLE en citant son fils Jan. Surnommé « le Jésus de la musique » par ses pairs et lui-même, Segerstam laisse derrière lui un héritage musical impressionnant, riche de plus de 370 symphonies et d’innombrables collaborations avec les plus grands orchestres du monde.
Né en 1944 à Vaasa, dans une famille de musiciens, Segerstam montre très tôt des prédispositions exceptionnelles pour la musique. À seulement cinq ans, il déchiffre déjà des partitions et compose ses premières pièces l’année suivante. Après des études à l’Académie Sibelius d’Helsinki et une formation à la direction d’orchestre à la Juilliard School de New York, il se fait rapidement un nom en dirigeant des ensembles prestigieux tels que le Chicago Symphony Orchestra, le Los Angeles Philharmonic et l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne.
Laissant derrière lui une production exceptionnelle, Leif Segerstam s’est imposé comme l’un des compositeurs les plus prolifiques de sa génération. Son style, souvent expérimental, a donné naissance à une série de symphonies numérotées, reflet de son approche novatrice de la musique contemporaine. Il était réputé pour ses compositions aux structures surprenantes et sa capacité à repousser les limites de la forme symphonique traditionnelle. « Dans le monde de la musique, je possède des vérités aussi précieuses que les enseignements de Jésus », aimait-il à dire pour souligner la profondeur de sa pensée musicale et sa volonté de se détacher des conventions établies.
Son aura de personnage excentrique n’a jamais éclipsé la qualité de son travail. En 2014, il avait marqué le public parisien en dirigeant l’Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Élysées lors d’un programme réunissant Tchaïkovski, Strauss et Sibelius. Parallèlement à sa carrière de chef, il a multiplié les collaborations avec des orchestres prestigieux en tant que compositeur et a influencé de nombreux musiciens par son approche à la fois rigoureuse et fantasque. Avec sa disparition, la musique classique perd un esprit libre, dont le parcours atypique et la générosité artistique continueront d’inspirer les générations futures.