La SNCF franchit une nouvelle étape dans son expansion européenne. L’entreprise ferroviaire française va pouvoir exploiter des liaisons à grande vitesse entre Turin et Venise ainsi qu’entre Turin et Rome, après une décision de l’autorité italienne de la concurrence.
L’Autorité italienne garante de la concurrence et du marché a indiqué que le gestionnaire du réseau ferroviaire, Rete Ferroviaria Italiana, devra mettre à disposition au moins 18 sillons quotidiens pour SNCF Voyageurs sur ces deux lignes. Ces créneaux de circulation seront attribués pour une durée de dix ans, afin de permettre au nouvel opérateur de s’installer durablement sur ce marché.
Jusqu’à présent, la SNCF ne circulait en Italie que sur la liaison internationale Milan-Turin-Paris. Avec l’ouverture de ces nouvelles lignes, elle deviendra le deuxième concurrent de la compagnie nationale Trenitalia, aux côtés de l’opérateur privé italien Italo.
Une décision issue d’un recours
La décision intervient après un recours engagé par la SNCF, qui accusait le gestionnaire du réseau italien de favoriser Trenitalia en limitant l’accès aux sillons ferroviaires. Si aucune infraction n’a été formellement retenue contre Rete Ferroviaria Italiana, l’autorité de la concurrence a estimé nécessaire de faciliter l’arrivée d’un nouvel opérateur afin de renforcer la concurrence sur le marché italien de la grande vitesse.
Trenitalia a toutefois critiqué cette décision, estimant qu’elle pourrait pénaliser l’opérateur historique.
Une stratégie européenne de la SNCF
Cette implantation s’inscrit dans la stratégie de développement international de SNCF Voyageurs. L’entreprise espère à terme conquérir environ 15 % du marché italien de la grande vitesse dans les dix prochaines années et transporter près de 10 millions de passagers par an sur les principales liaisons du pays.
La SNCF a déjà connu un succès notable en Espagne grâce à son offre low-cost Ouigo, qui lui a permis de gagner rapidement des parts de marché face à l’opérateur national Renfe.
La concurrence s’exerce désormais dans les deux sens : Trenitalia opère déjà plusieurs liaisons en France, notamment entre Paris, Lyon, Marseille et Milan, et envisage à terme de concurrencer Eurostar sur la ligne Paris-Londres, selon Le Monde.