Thales reconnaît l’usage d'outils biométriques aux États-Unis, mais nie tout contrat avec l'ICE
Thales reconnaît l’usage d'outils biométriques aux États-Unis, mais nie tout contrat avec l'ICE

Le groupe français Thales se retrouve à son tour au cœur d’une polémique sur l’utilisation de technologies biométriques par les autorités américaines. Mis en cause par une enquête de Libération, l’industriel affirme ne pas travailler avec l’ICE, la police fédérale de l’immigration, tout en reconnaissant que certains de ses logiciels sont intégrés à des dispositifs utilisés par des agences de sécurité aux États-Unis.

Thales rejette toute collaboration directe avec l’ICE

Dans une réponse transmise à l’AFP, l’entreprise assure qu’elle n’a « aucune relation contractuelle » avec l’ICE et dément « toute collaboration » avec cette agence. Le groupe qualifie de « diffamatoires » les informations laissant entendre le contraire. Thales ajoute qu’« à ce jour, aucun élément ne permet d’établir » que ses technologies seraient utilisées en violation des libertés fondamentales.

Thales confirme toutefois avoir participé à l’élaboration du système américain Ident, en y apportant une « brique logicielle » dédiée aux empreintes digitales. Le groupe précise ne pas être impliqué dans la reconnaissance faciale, jugée plus sensible, qui a été développée ultérieurement. Selon Thales, le système a été mis en place après les attentats du 11-Septembre afin de centraliser, au sein du département de la Sécurité intérieure (DHS), une base de données biométriques sur les ressortissants non américains entrant et sortant du territoire.

Le rôle d’intermédiaires institutionnels au cœur du débat

Thales indique que son client officiel est l’OBIM (Office Biometric Identity Management), une structure agissant pour le compte du DHS, dont dépend administrativement l’ICE. Concernant un autre logiciel cité , Vormetric, l’entreprise explique qu’il s’agit d’un outil de chiffrement et de protection de données développé pour les services de la police des frontières (Customs and Border Protection) et non pour l’ICE.

Cette affaire intervient alors que Capgemini est déjà fragilisé par la révélation d’un contrat avec l’ICE, dans un contexte politique explosif aux États-Unis, où la police de l’immigration est mobilisée dans une vaste campagne anti-immigration.

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