Stellantis dans la tempête : pertes colossales, plans abandonnés et décisions à venir
Stellantis dans la tempête : pertes colossales, plans abandonnés et décisions à venir

Avec une perte nette de 2,3 milliards d’euros au premier semestre 2025, Stellantis confirme l’ampleur de la crise. Une chute vertigineuse que le nouveau directeur général, Antonio Filosa, tente d’enrayer à coups d’annulations de projets et de réorientations stratégiques. Exit l’hydrogène, retour au V8 pour plaire aux Américains, et promesse de choix encore plus « difficiles » dans les mois à venir. À la Bourse de Milan, l’action du groupe chutait de 4,5 % dès l’ouverture, reflet d’un scepticisme nourri.

Un virage brutal pour stopper l’hémorragie

L’annonce d’un résultat aussi négatif est attribuée en partie à la suppression de plusieurs programmes, dont celui sur les véhicules à hydrogène, symbole d’une transition énergétique stoppée net. Le groupe table désormais sur une offre moteur recentrée, notamment pour séduire les consommateurs nord-américains, avec le retour du moteur V8 chez la marque Ram. Le message de Filosa est limpide : « Nous allons corriger ce qui ne fonctionne pas, en nous appuyant sur ce qui fonctionne encore. » L’objectif : relancer une croissance rentable alors que la performance commerciale continue de se dégrader. Le chiffre d’affaires a chuté de 13 % par rapport à l’année précédente, même si les résultats montrent une légère amélioration par rapport au second semestre 2024. Quant à la marge opérationnelle ajustée, elle s’effondre à 0,7 %, contre 10 % un an plus tôt. Les flux de trésorerie restent en territoire négatif, avec une saignée de 3 milliards d’euros sur les six premiers mois.

Droits de douane, prévisions floues et espoirs mesurés

Autre coup dur pour le constructeur : la facture des droits de douane américains atteint désormais 1,5 milliard d’euros pour l’année, dont 300 millions rien qu’au premier semestre. Une charge qui pèse lourd, alors même que Stellantis tente de rassurer en réintroduisant des prévisions financières vagues. Une stratégie jugée trop prudente, voire décevante, par certains analystes, comme Philippe Houchois de Jefferies, qui attendait davantage de clarté avant la conférence prévue dans l’après-midi. Pour l’heure, le groupe mise sur une amélioration progressive des flux de trésorerie et espère une reprise de son chiffre d’affaires au second semestre. Dix nouveaux modèles sont censés porter ce rebond, dont les lancements post-été de la Jeep Compass, du Citroën C5 Aircross et de la DS N°8. Mais la tâche s’annonce ardue pour Antonio Filosa, propulsé à la tête du groupe après le départ précipité de Carlos Tavares fin 2024, sur fond de désaccords stratégiques avec les actionnaires. En attendant que ces paris industriels portent leurs fruits, Stellantis reste en équilibre instable, suspendu entre restructuration accélérée et méfiance des marchés.

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