Automobile : le groupe Renault enchaîne une troisième année de hausse de ses ventes mondiales
Automobile : le groupe Renault enchaîne une troisième année de hausse de ses ventes mondiales

C’est une chute brutale qui a secoué la Bourse de Paris ce mercredi matin : l’action Renault a plongé de 15,5 %, s’affichant à 34,84 euros dès l’ouverture. Le constructeur français vient de lancer un avertissement sur résultats pour l’année 2025, son premier depuis octobre 2019 (hors période Covid). Un choc pour le marché, d’autant que le groupe avait confirmé ses prévisions encore début juillet. En cause : des volumes de ventes inférieurs aux attentes, notamment en juin, une concurrence plus agressive, une baisse marquée des ventes aux particuliers et la contre-performance du segment des véhicules utilitaires, particulièrement sensible en Europe. Résultat : la marge opérationnelle visée est ramenée à 6,5 % (contre un minimum de 7 % prévu auparavant), et le flux de trésorerie libre est presque divisé par deux, attendu entre 1 et 1,5 milliard d’euros, contre 2 milliards espérés.

Une dynamique qui s’essouffle

Sur le premier semestre, Renault a dégagé 27,6 milliards d’euros de revenus, en légère hausse de 2,5 %, mais la marge opérationnelle s’effondre à 6 %, contre 8,1 % un an plus tôt. Le cash flow libre chute à seulement 47 millions d’euros, quand les analystes tablaient sur plus de 600 millions. « Un fossé par rapport aux attentes », admet le directeur financier Duncan Minto, désormais aussi directeur général par intérim après le départ, ce mardi, de Luca de Meo. Renault assure que cet avertissement n’est pas lié au changement de direction, même si le timing interroge. La maison mère de Dacia promet un second semestre plus dynamique, soutenu par sept lancements de modèles et deux restylages, ainsi qu’un renforcement du plan de réduction des coûts. Mais les doutes sont bien installés.

Le marché sanctionne, les analystes tempèrent

Pour Deutsche Bank, c’est un « coup sur la confiance du marché envers le titre », bien que la marge visée reste « solide comparée à d’autres constructeurs ». La banque allemande a abaissé son objectif de cours à 47 euros (contre 55 auparavant) et maintient sa recommandation à « conserver ». Oddo BHF, de son côté, parle d’un avertissement « qui fait tache » et réduit sa cible de 60 à 55 euros, tout en maintenant une opinion favorable à long terme, misant sur la résilience opérationnelle de Renault face à ses concurrents exposés à la Chine ou aux menaces douanières. La nomination rapide d’un nouveau dirigeant, ainsi que des preuves tangibles de reprise (hausse des volumes, réduction des stocks, redressement de l’utilitaire), seront déterminants dans les prochaines semaines. En attendant, la douche froide boursière rappelle que la confiance, une fois fissurée, demande bien plus qu’un plan de relance pour être restaurée.

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