C’est une petite révolution interne que prépare Orange pour 2026. L’opérateur historique a présenté mardi 16 septembre son vaste plan de réorganisation baptisé « Regain ». Sur les 47 000 salariés français, plus de 20 000 verront leur quotidien professionnel évoluer, à des degrés divers. Objectif affiché : simplification, efficacité et proximité avec les clients. Promesse répétée : aucune suppression d’emploi ni délocalisation. Mais dans les rangs syndicaux, on craint un exercice de rationalisation budgétaire déguisé et une nouvelle dégradation du climat social. Le document de 454 pages, présenté au comité social et économique central, détaille la stratégie. Quatre grandes directions métiers piloteront désormais l’activité : clients grand public, clients entreprises, technique et expérience client. Dans le même temps, les cinq directions régionales actuelles – Paris, Lyon, Toulouse, Lille et Rennes – disparaîtront, remplacées par neuf entités locales censées être « plus proches du terrain ». Un jeu d’équilibre difficile : centraliser davantage les décisions tout en affichant une volonté de proximité.
Des postes redessinés, des inquiétudes persistantes
Parmi les 20 356 salariés concernés, la direction assure que rien ne changera pour 17 000 d’entre eux. Mais 3 122 verront leur équipe, leur manager ou leur activité évoluer, et 224 « perdront leur activité » telle qu’elle existe aujourd’hui. Autant de mouvements internes qui font craindre, côté syndicats, une perte de repères et un éloignement des centres de décision. « On va s’éloigner du client et des salariés », prévient Sébastien Crozier (CFE-CGC), dénonçant la fin des états-majors régionaux. La CFDT, plus mesurée, reconnaît que les futures directions locales auront « des prérogatives », mais moins de latitude qu’actuellement. La direction, elle, se veut rassurante. « Regain » serait un projet « complexe », mais mené dans un « climat constructif », avec l’ambition de répondre à toutes les inquiétudes. Pourtant, les salariés restent marqués par les réorganisations précédentes, dont les effets ont été pointés dans l’enquête triennale sur le stress publiée en février. Alors qu’Orange doit composer avec un marché saturé, des marges sous pression et une guerre des prix qui s’intensifie, la réussite du plan dépendra moins des organigrammes que de la capacité à convaincre ceux qui font vivre l’opérateur au quotidien.