Loro Piana (LVMH) sanctionnée pour exploitation d’ouvriers chez ses sous-traitants
Loro Piana (LVMH) sanctionnée pour exploitation d’ouvriers chez ses sous-traitants

La célèbre maison italienne Loro Piana, connue pour ses vêtements en cachemire haut de gamme et intégrée au groupe LVMH depuis 2013, a été placée sous administration judiciaire ce lundi 14 juillet par un tribunal de Milan. En cause : des sous-traitances en cascade ayant conduit à l’exploitation d’ouvriers en situation irrégulière, sans respect des droits fondamentaux du travail.

Une chaîne opaque de sous-traitance mise à jour

L’enquête, menée par les carabiniers spécialisés dans la défense des conditions de travail, a révélé un système de production délégué à des sociétés écrans, elles-mêmes recourant à des ateliers clandestins. Ces derniers employaient des ouvriers chinois en situation irrégulière, logés dans des dortoirs insalubres et contraints à des conditions de travail indignes : salaires non versés, absence de pauses, heures supplémentaires non déclarées.

Le déclencheur de l’enquête remonte à mai dernier, lorsqu’un ouvrier agressé par son employeur pour avoir réclamé son dû a porté plainte. Les perquisitions qui ont suivi ont mis au jour des pratiques généralisées de violations du droit du travail et de la santé au travail.

Une responsabilité de négligence reconnue

Dans sa décision, le tribunal milanais reproche à Loro Piana d’avoir « failli de manière coupable » à son devoir de surveillance, « facilitant par négligence » un système d’exploitation économique. L’administration judiciaire de l’entreprise est fixée pour une durée d’un an, mais pourrait être levée plus tôt si Loro Piana prend des mesures concrètes pour se mettre en conformité avec la loi.

Cette affaire s’inscrit dans une série de scandales similaires qui secouent le secteur du luxe italien. Depuis décembre 2023, cinq grandes maisons — dont Valentino, une filiale italienne de Dior (également détenue par LVMH), ainsi qu’Armani et Alviero Martini — ont été visées par la justice pour des faits comparables.

Une nouvelle alerte dans le secteur du luxe

Alors que la demande pour des produits de luxe “Made in Italy” reste forte à l’international, ces révélations mettent en lumière les dérives parfois invisibles de chaînes d’approvisionnement complexes et sous-régulées. En mai dernier, Dior avait déjà été contrainte de verser 2 millions d’euros pour soutenir des victimes d’exploitation en lien avec ses propres sous-traitants.

Sollicitée ce lundi, la direction de Loro Piana n’a pas réagi dans l’immédiat. LVMH, maison mère, n’a pas non plus commenté publiquement cette affaire à ce stade.

Une situation qui relance la question de la responsabilité sociale des grandes marques, y compris les plus prestigieuses, sur l’ensemble de leur chaîne de production.

Partager