Après Casino, Colruyt. Intermarché poursuit sa boulimie d’acquisitions et s’empare cette fois de 81 magasins du distributeur belge Colruyt, implantés en France. Montant de l’opération : environ 215 millions d’euros. Cette cession massive, annoncée mardi 17 juin, s’accompagne du transfert de 44 stations-service et de plus de 1 300 salariés. En parallèle, 175 offres d’embauche seront proposées aux employés des entrepôts non inclus dans le deal. Colruyt, présent dans l’Hexagone depuis 1998, tire sa révérence après avoir peiné à faire émerger son modèle. Malgré 104 magasins, 45 stations et 3 entrepôts, le groupe belge n’est jamais parvenu à atteindre la taille critique nécessaire pour tenir face à la féroce concurrence française. Son propre aveu est limpide : « les résultats escomptés n’ont pas été atteints », malgré des efforts pour améliorer la rentabilité. L’enseigne invoque un manque de pouvoir d’achat suffisant pour couvrir les coûts fixes.
Un rachat stratégique pour viser 20 % du marché
Le Groupement Les Mousquetaires, maison mère d’Intermarché et de Netto, confirme être entré en négociations exclusives. L’enjeu : renforcer encore son maillage territorial, après avoir déjà mis la main sur près de 200 points de vente Casino. Cette nouvelle offensive commerciale s’inscrit dans un plan clair : atteindre 20 % de parts de marché en France d’ici à 2028. Le groupe belge, de son côté, insiste sur sa volonté d’assurer une transition aussi fluide que possible pour ses salariés restants, en précisant que plusieurs autres acteurs se sont positionnés pour racheter une quinzaine de magasins non concernés par l’offre principale. Mais la manœuvre stratégique des Mousquetaires semble taillée sur mesure : fonctionnement similaire, complémentarité géographique et logique d’expansion. L’affaire est dans le sac, ou presque.