L’enseigne de bazar GiFi, fragilisée par plusieurs années de difficultés, a mis fin ce jeudi 29 janvier aux fonctions de son président Christophe Mistou, à peine cinq mois après sa nomination. Recruté le 1er septembre 2025 pour redresser le groupe, l’ancien dirigeant passé par Castorama et Mr Bricolage n’aura pas eu le temps d’installer une stratégie durable dans une entreprise en crise.
Rémy Lecointre, déjà passé par la direction par intérim, reprend les commandes. L’annonce a été faite aux salariés par le conseil de surveillance, sans détailler les raisons exactes de ce départ précipité. Les syndicats évoquent une situation extrêmement tendue : selon un représentant CFDT, la direction ne disposait plus que de « quatre mois de visibilité », signe d’une trésorerie sous pression.
Un modèle fragilisé par les erreurs internes et la concurrence low-cost
Les difficultés de GiFi se sont aggravées depuis 2023, notamment après un changement de système informatique jugé raté, qui a perturbé l’activité. À cela s’ajoute une concurrence de plus en plus agressive : chaînes discount comme Action ou Maxibazar, et surtout plateformes en ligne à bas prix telles que Temu, qui accélèrent la guerre des prix dans le secteur.
Fondée en 1981, l’enseigne avait envisagé en 2025 un plan de réduction d’effectifs d’environ 5 % sur près de 6 000 salariés en France, avant de suspendre ce projet à l’été. Dans le même temps, GiFi a engagé un rapprochement avec Grand Frais, avec un projet de cession d’une trentaine de magasins en 2026.
Une instabilité managériale qui inquiète
Depuis la mise en retrait du fondateur Philippe Ginestet fin 2024, les changements de direction se multiplient sans parvenir à inverser la tendance. Ce nouveau départ renforce l’image d’une entreprise en perte de repères, alors que les défis financiers, sociaux et commerciaux se cumulent.