Claire’s en difficulté : redressement judiciaire pour l’enseigne en France
Claire’s en difficulté : redressement judiciaire pour l’enseigne en France

Le choc est brutal pour l’une des enseignes les plus prisées des adolescentes. Claire’s, temple des boucles d’oreilles, piercings et autres accessoires à petits prix, a été placée en redressement judiciaire en France. Une décision rendue par le tribunal des activités économiques de Paris le 24 juillet, qui ouvre une période d’observation de six mois. En jeu : la survie d’un réseau de quelque 250 boutiques et de près de 800 salariés. Le coup de tonnerre intervient alors que les derniers comptes publiés affichaient encore un bénéfice net de 1,3 million d’euros entre fin 2023 et fin 2024. Une situation qui interroge les syndicats. La secrétaire générale de la CFDT Services, présente à l’audience, dénonce un manque de clarté dans les données financières, rappelant que Claire’s France était encore rentable récemment. L’avocat des représentants du personnel, Me Khaled Meziani, se montre pessimiste quant aux intentions réelles de la direction. Selon lui, la recherche d’un repreneur est affichée, mais le spectre d’importants licenciements plane.

Un secteur saturé, des ventes en repli, une maison mère en péril

Comme de nombreuses marques de prêt-à-porter ou d’accessoires, Claire’s paie un double tribut : l’érosion des ventes physiques et la concurrence féroce des géants asiatiques à bas coût, tels que Shein ou Temu. En un an, le chiffre d’affaires est passé de 142 à 132 millions d’euros. Une baisse qui fragilise la structure, malgré une activité de grossiste encore dynamique (37 millions d’euros réalisés en Europe). Le sort de Claire’s France est également lié aux turbulences de sa maison mère. Déjà placée sous la protection du chapitre 11 américain en 2018, la branche américaine serait à nouveau en difficulté, notamment en raison des droits de douane instaurés sur les importations chinoises sous la présidence Trump. Or, Claire’s importe massivement ses produits depuis la Chine. Face à l’impact cumulé de la crise du retail, du numérique et des tensions commerciales, la survie du groupe semble suspendue à un éventuel repreneur. À l’image de Jennyfer, autre marque adolescente en redressement cette année et partiellement sauvée, Claire’s espère éviter la liquidation. Mais la réalité économique ne laisse guère de place à l’optimisme. En attendant, les employées, souvent jeunes, précaires et passionnées par leur métier, restent dans l’incertitude. Le glamour bon marché a beau faire rêver les vitrines, il ne protège plus du mur des réalités.

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