L’enseigne d’ameublement Casa France ne survivra pas. Le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé, ce vendredi, sa liquidation judiciaire sans maintien de l’activité, scellant le sort de ses 145 magasins et de ses quelque 600 salariés. Un coup d’arrêt brutal, malgré les espoirs de reprise formulés au printemps dernier. Initialement placée en redressement judiciaire fin mars, la filiale française du groupe Casa avait reçu neuf offres. Mais aucune n’a permis d’éviter la fermeture : quatre ont été écartées par les administrateurs, deux jugées irrecevables, une rejetée, et deux repreneurs se sont finalement désistés. Faute de solution viable, la société a elle-même demandé le passage en liquidation début juin.
La chute d’un maillon, emporté par la maison-mère belge
L’enseigne pointe un « choc exogène », indépendant de sa gestion. En cause : la liquidation en Belgique de Casa International, la maison-mère historique du groupe. Cette entité assurait les fonctions centrales pour l’ensemble du réseau, en particulier la logistique et l’informatique. Privée de ce socle opérationnel, la branche française s’est retrouvée paralysée. Mais cette défaillance s’inscrit aussi dans un contexte plus large : marché de l’ameublement en perte de vitesse, conjoncture immobilière dégradée, concurrence féroce d’Ikea et des pure players en ligne. Casa France reconnaît elle-même des fragilités structurelles préexistantes, amplifiées par une reprise post-Covid de courte durée suivie d’un net repli dès 2024.
Une hémorragie européenne déjà entamée
Le groupe Casa, fondé en 1975 en Belgique, est présent dans neuf pays via 400 magasins et emploie plus de 2 500 personnes. Début 2024, une stratégie de relance avait déjà conduit à la fermeture ou à la cession de plus de 10 % des points de vente en Europe. L’objectif affiché était un retour à la rentabilité d’ici 2026. La liquidation de la branche française enterre ce scénario. Les magasins de Casa France cesseront définitivement leur activité. Aucun salarié ne sera conservé. Les clients, eux, devront désormais se tourner vers d’autres acteurs pour trouver un vase, une étagère ou un salon de jardin. Le rideau tombe sur une enseigne familière des centres-villes et zones commerciales, emportée par un double effet : la fragilité d’un marché saturé et la défaillance d’un pilier central à l’international.