Budget 2026 – les entreprises dans le viseur fiscal
Budget 2026 – les entreprises dans le viseur fiscal

Cette fois, les patrons savent à quoi s’attendre : le prochain budget va leur coûter cher. Alors qu’ils pensaient avoir échappé à de nouvelles taxes, le soulagement aura été de courte durée. Pas de « taxe Zucman » ni de retour à l’ISF version 1981, mais l’exécutif et les socialistes convergent vers un tour de vis fiscal ciblant les grandes entreprises et les contribuables les plus aisés. La surtaxe sur l’impôt des grands groupes, qui devait s’éteindre, devrait finalement être reconduite. Coût estimé : 8 milliards d’euros. La taxation des dividendes pourrait également grimper, passant de 30 % à 32 %, voire 36 %. À cela s’ajoutent de nouvelles mesures pour encadrer l’usage des holdings patrimoniales, utilisées pour optimiser les revenus, et une règle assurant que les plus fortunés paient au minimum 20 % d’impôts sur leurs revenus.

Un patronat à cran

En 2025, le budget avait déjà représenté un effort de 13 milliards pour les entreprises et les ménages aisés. En 2026, le montant serait du même ordre, mais concentré davantage sur les plus riches. De quoi exaspérer un patronat déjà à vif. Le Medef prévoit un grand rassemblement le 13 octobre, avec plus de 10 000 chefs d’entreprise attendus. Mais la CPME, qui représente les PME, a choisi de ne pas s’y associer, jugeant inutile « d’ajouter de l’huile sur le feu ». Derrière cette apparente division, le malaise reste partagé. Dans le bâtiment, les professionnels dénoncent sept années de crise. Le secteur de l’énergie attend toujours une loi de programmation pour planifier ses investissements. L’industrie redoute, elle, de nouveaux régimes de retraite spécifiques liés à la pénibilité.

Entre fiscalité et politique

Pour Patrick Martin, président du Medef, la mobilisation vise avant tout à canaliser la colère et à peser dans les négociations, pas à s’opposer frontalement à un accord entre le gouvernement et le PS. Mais certains entrepreneurs espèrent qu’aucun compromis ne verra le jour, rêvant même d’une dissolution pour tourner la page. Peu séduits par la gauche radicale, ils regardent désormais sans effroi l’exemple italien de Giorgia Meloni et redoutent davantage une percée de LFI qu’une victoire du RN. Après des mois de débats dominés par les partis politiques et les syndicats, le monde patronal sort donc des coulisses. Le message est clair : trop, c’est trop. Reste à savoir si Bercy et Matignon sont prêts à leur tendre une oreille attentive.

Que retenir rapidement ?

Cette fois, les patrons savent à quoi s’attendre : le prochain budget va leur coûter cher. Alors qu’ils pensaient avoir échappé à de nouvelles taxes, le so

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