Plusieurs fournisseurs du BHV Marais affirment ne plus être payés comme prévu, un an et demi après le rachat du célèbre grand magasin parisien par la société des Grands Magasins. Selon leurs témoignages, relayés ce lundi par nos confrères de France Inter, les impayés s’accumuleraient sans échéance connue. Certains prestataires auraient même décidé de fermer leurs stands, faute de visibilité.
Des rayons clairsemés et des fournisseurs à bout
La société Au fil des couleurs, spécialisée dans les papiers-peints et présente au BHV depuis une décennie, a indiqué ne plus percevoir les sommes qui lui sont dues, estimées à 80 000 euros. Son dirigeant aurait évoqué une absence totale d’explications quant à la date de régularisation, au point d’avoir dû se séparer de trois salariés. Il aurait également signalé que d’autres marques vivaient une situation similaire, avec des stands laissés à moitié vides et un réassortiment devenu impossible. Une salariée du magasin aurait décrit une ambiance délabrée, parlant d’un magasin « d’après-guerre », où les tailles manquent en lingerie comme en chaussures. Les clients mécontents, selon elle, exprimeraient leur frustration sur les équipes, désormais épuisées. L’éventualité d’un mouvement de grève aurait même été évoquée, avant d’être suspendue temporairement.
La direction reconnaît une période transitoire délicate
Du côté de la direction, on aurait reconnu des retards dans les paiements, liés à ce qu’elle qualifie de transition administrative et financière complexe. Elle aurait affirmé que cette situation restait temporaire et s’expliquerait par la reprise progressive du système de gestion précédemment assuré par les Galeries Lafayette. D’après elle, l’autonomie totale devrait être atteinte dès le mois d’octobre, ce qui permettrait de stabiliser l’ensemble des opérations, notamment la facturation. La direction aurait également évoqué une stratégie de transformation du magasin, incluant une refonte de l’offre avec l’arrivée de nouvelles marques, ainsi que la création future de halles alimentaires, d’espaces sportifs et de restauration. Les ruptures ponctuelles dans certains rayons seraient, selon elle, la conséquence de ce rééquilibrage de l’assortiment. Une démarche qu’elle aurait qualifiée de nécessaire pour accompagner l’évolution du projet global du BHV. En parallèle, la société serait encore en discussion avec la Caisse des dépôts pour l’obtention d’un prêt destiné au rachat des murs du bâtiment, ce qui confirmerait un contexte encore instable sur le plan financier. Néanmoins, elle continuerait d’affirmer que la situation évoluerait positivement, sans signaler à ce stade de détérioration supplémentaire.