Au troisième jour d’un procès très suivi à Los Angeles, le dirigeant d’Instagram a contesté l’idée que les réseaux sociaux puissent relever d’une « addiction clinique ». Entendu par les jurés dans une procédure visant Google et Meta, le patron d’instagram, Adam Mosseri a préféré parler d’« utilisation problématique », estimant qu’il fallait distinguer un comportement excessif d’un trouble médical avéré.
L’affaire porte sur la responsabilité des plateformes dans la consommation intensive de contenus par des mineurs. Au centre du dossier, une jeune Américaine aujourd’hui âgée de 20 ans, exposée dès l’adolescence à YouTube et Instagram. Les plaignants accusent les entreprises d’avoir conçu des outils de recommandation favorisant un visionnage compulsif, notamment à travers leurs algorithmes de personnalisation.
Algorithmes et responsabilité
Face aux questions de l’avocat de la plaignante, le patron d’Instagram a reconnu avoir utilisé par le passé le terme « addiction » de manière « trop désinvolte », tout en affirmant ne pas être qualifié pour poser un diagnostic médical. Il a défendu la ligne de Meta, soutenant que la protection des mineurs n’était pas incompatible avec la performance économique du groupe et qu’une approche négligente nuirait, à long terme, à l’entreprise elle-même.
Ce procès est considéré comme un test pour des dizaines d’actions similaires engagées aux États-Unis. Il ne porte pas directement sur les contenus publiés, mais sur la conception des plateformes et leur capacité à capter l’attention. Le témoignage attendu de Mark Zuckerberg la semaine prochaine pourrait marquer un tournant dans ce contentieux aux enjeux financiers et sociétaux majeurs.