De puissants groupes saoudiens se disent prêts à injecter plusieurs milliards de dollars d’investissements en Syrie, marquant une étape majeure dans la normalisation économique entre Damas et les États arabes du Golfe. Cependant, les sanctions américaines imposées depuis la guerre civile constituent toujours un frein majeur à la concrétisation de ces projets, selon plusieurs sources diplomatiques et économiques.
Les discussions, qui portent sur la reconstruction des infrastructures, l’énergie et les transports, s’inscrivent dans le sillage du rapprochement politique opéré par Riyad depuis le départ de Bachar al-Assad du pouvoir et l’arrivée du président Farouk al-Sharaa. L’Arabie saoudite cherche désormais à jouer un rôle clé dans la stabilisation post-conflit du pays, notamment à travers des projets d’infrastructures reliant la Syrie, la Jordanie et l’Irak.
Un projet phare évoqué concerne la création d’une ligne ferroviaire régionale permettant de relier le port syrien de Lattaquié aux zones économiques d’Arabie saoudite via la Jordanie une initiative susceptible de redessiner les échanges commerciaux du Levant.
Cependant, les États-Unis continuent d’imposer une stricte surveillance des flux financiers vers Damas. Les sanctions du Caesar Act, toujours en vigueur, interdisent toute transaction susceptible de soutenir le gouvernement syrien ou des entités affiliées. « Les sanctions américaines représentent le dernier étranglement pour l’économie syrienne », a confié un diplomate du Golfe à Reuters.
Pour Riyad, cette stratégie d’investissement vise autant la sécurisation régionale que la réhabilitation politique de la Syrie au sein de la Ligue arabe. Mais sans un assouplissement de la position américaine, ces milliards « resteront sur le papier », selon un responsable économique saoudien impliqué dans les négociations.