Trump mêle immigration, gangs et Nobel lors d’un discours fleuve pour l’anniversaire de son retour à la Maison Blanche
Trump mêle immigration, gangs et Nobel lors d’un discours fleuve pour l’anniversaire de son retour à la Maison Blanche

Donald Trump a marqué mardi le premier anniversaire de son retour à la Maison Blanche par une longue conférence de presse, au ton décousu et souvent provocateur, durant laquelle il a enchaîné digressions, attaques politiques et auto-satisfaction, à la veille de son départ pour le Forum économique mondial de Davos.

Pendant près de deux heures passées au pupitre, le président américain a abordé pêle-mêle l’immigration, la criminalité, le Nil, le prix Nobel de la paix, les gangs de motards ou encore les photos d’identité judiciaire de personnes arrêtées par les services de l’immigration. L’objectif affiché était de mettre en avant le bilan de sa première année de second mandat, mais le message s’est souvent dilué dans un monologue émaillé de propos polémiques.

L’immigration a occupé une place centrale. Trump a défendu avec vigueur les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), notamment dans le Minnesota, qualifiant les agents fédéraux de « patriotes » et accusant les manifestants de semer le désordre. Il a également justifié le déploiement de la Garde nationale dans certaines villes dirigées par des démocrates, affirmant, sans fournir de chiffres, que la criminalité avait reculé dans la capitale fédérale depuis ces mesures.

Dans un registre rappelant ses discours de campagne, le président a de nouveau attaqué son prédécesseur Joe Biden et répété, sans preuves, que l’élection présidentielle de 2020 lui avait été volée. Il a aussi tenu des propos dénigrants à l’encontre des Américains d’origine somalienne, les associant à des fraudes et à l’insécurité, des déclarations qui ont suscité de vives critiques par le passé.

Trump a également brandi une épaisse liasse de documents intitulée « 365 victoires en 365 jours », censée recenser les réussites quotidiennes de son administration depuis janvier 2025. Ce document mettait en avant aussi bien la baisse des arrivées d’immigrants en situation irrégulière que des décisions plus anecdotiques liées à la réglementation des équipements domestiques. Dans une séquence théâtrale, il a manipulé une grosse pince à reliure avant de plaisanter sur le fait qu’elle aurait pu lui faire mal.

Le président a enfin réaffirmé qu’il méritait, selon lui, le prix Nobel de la paix, évoquant son rôle supposé dans la résolution de plusieurs conflits internationaux. Il a présenté l’absence de cette distinction comme une injustice, allant jusqu’à suggérer qu’elle nourrissait certaines de ses positions géopolitiques controversées, notamment sur le Groenland.

Cette conférence de presse, très éloignée d’un exercice classique de bilan, a illustré une nouvelle fois le style personnel de Donald Trump : un mélange de communication politique, de provocation et de mise en scène, qui continue de polariser profondément la vie politique américaine.

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