Télétravail : le grand virage vers le présentiel
Télétravail : le grand virage vers le présentiel

Depuis la fin de la pandémie, de nombreux grands groupes — Ubisoft, Stellantis, Amazon et d’autres — remettent en cause leur politique de travail à distance. Alors que la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) estime à 25 % la part des salariés français en télétravail régulier, les accords collectifs, bien que toujours plus nombreux qu’avant 2020, sont de plus en plus resserrés.

Un encadrement plus strict du télétravail

Les directions invoquent la préservation de la cohésion d’équipe pour restreindre le télétravail, limitant souvent son usage à deux jours par semaine. Chez Stellantis, par exemple, les salariés travaillant jusqu’à 80 % de leur temps à distance doivent aujourd’hui revenir au bureau au moins deux jours hebdomadaires. Ubisoft, de son côté, a créé un climat de tension en annonçant brusquement une baisse du nombre de jours autorisés. Pourtant, les enquêtes menées auprès des employés montrent qu’une grande partie d’entre eux ne perçoit pas de dégradation des collectifs de travail en télétravail. Les data de la Dares confirment une baisse des nouveaux accords de télétravail entre 2021 et 2023, mais un maintien des pratiques largement au-dessus du niveau d’avant-crise. Le télétravail, loin d’avoir disparu, se normalise dans un cadre plus structuré, encadré par des chartes et des comités de suivi, tandis que les managers sont formés pour évaluer la performance et l’engagement à distance.

Présentiel : gains et contraintes

Derrière ce retour au bureau se dessinent plusieurs enjeux : réactiver les échanges informels, faciliter la formation des jeunes recrues et renforcer le sentiment d’appartenance. En outre, certaines entreprises constatent que l’absence physique creuse les inégalités entre salariés visibles et “invisibles”. Cependant, l’imposition d’un présentiel strict comporte ses propres risques. Beaucoup d’organisations n’ont pas adapté leurs locaux : bureaux partagés insuffisants, open spaces bruyants, salles de réunion monopolisées et parkings surchargés. Amazon aux États-Unis en a fait l’amère expérience, ses ingénieurs confrontés à un manque de place et à des infrastructures inadaptées. Le défi consiste dès lors à conjuguer flexibilité et convivialité, en redéfinissant les espaces de travail (bureaux modulables, hubs de coworking internes) et en instaurant des rituels hybrides (journées d’équipe, semaines à thème) pour tirer le meilleur des deux mondes.

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