Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a officiellement déclaré samedi qu’il se présenterait à l’élection présidentielle de décembre 2025, briguant ainsi un troisième mandat consécutif. Cette annonce, attendue mais désormais confirmée, intervient deux ans après la modification controversée de la Constitution qui a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels.
« Beaucoup d’entre vous m’ont demandé, et ma réponse est oui. Je suis votre candidat à l’élection présidentielle de décembre 2025 », a affirmé le chef de l’État, âgé de 68 ans, devant des milliers de partisans réunis à Bangui lors d’un rassemblement organisé par son parti, le Mouvement des Cœurs Unis.
Touadéra, au pouvoir depuis 2016, entend ainsi prolonger son règne pour une deuxième décennie, dans un contexte politique tendu et marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs régions du pays. Sa décision de se représenter intervient alors que l’opposition et la société civile dénoncent un recul démocratique et un verrouillage progressif des institutions.
En 2023, le président avait fait adopter par référendum une nouvelle Constitution qui, entre autres réformes, supprime la limite de deux mandats présidentiels consécutifs. Cette réforme avait suscité des critiques nationales et internationales, de nombreux observateurs y voyant un moyen pour le président de se maintenir au pouvoir indéfiniment.
Le scrutin de décembre s’annonce sous haute tension. La République centrafricaine reste confrontée à une insécurité chronique, avec la présence de groupes armés actifs dans une grande partie du territoire. Le gouvernement s’appuie en grande partie sur l’appui militaire de forces étrangères, notamment les mercenaires russes du groupe Wagner, pour assurer sa stabilité.
Faustin-Archange Touadéra, ancien professeur de mathématiques, est régulièrement accusé par ses détracteurs de gouverner de manière autoritaire. Il demeure toutefois populaire auprès d’une frange de la population, notamment dans la capitale, où ses partisans saluent ses efforts pour restaurer l’autorité de l’État et attirer des investissements étrangers.
Avec cette candidature, la Centrafrique s’engage dans une nouvelle phase électorale qui risque de raviver les tensions internes, dans un pays déjà fragilisé par des années de conflits et de crises institutionnelles.