Fin 2025 : comment les Français se réinventent face à une retraite en recul
Fin 2025 : comment les Français se réinventent face à une retraite en recul

Le système français des retraites pourrait-il bientôt rompre avec l’indexation automatique sur l’inflation ? La ministre des Solidarités, Catherine Vautrin, l’admet : « la question mérite d’être posée ». Une déclaration qui intervient au lendemain d’un rapport incisif de la Cour des comptes, pointant du doigt un déséquilibre croissant du système, mais surtout une inéquité persistante.

La juridiction financière propose un changement radical : aligner les pensions sur l’évolution des salaires plutôt que sur les prix à la consommation. Une mesure déjà en vigueur chez plusieurs de nos voisins européens, comme l’Italie et l’Allemagne, où la revalorisation dépend d’un facteur de soutenabilité lié à la capacité des actifs à financer les pensions.

Un modèle français à bout de souffle

Avec 14 % de son PIB dédié aux retraites, la France reste l’un des pays les plus généreux d’Europe en la matière. En moyenne, un retraité conserve près de 100 % de son revenu d’activité, bien au-delà des standards européens. À titre de comparaison, l’Allemagne consacre 10 % de son PIB, et ses retraités perçoivent 88 % de leur ancien revenu. De quoi interroger, selon la ministre, sur la soutenabilité du système à long terme.

La Cour des comptes alerte également sur les effets pervers du recul de l’âge légal de départ : les plus fragiles – ouvriers, femmes, personnes en mauvaise santé – sont nombreux à se retrouver « ni en emploi, ni en retraite », englués dans des périodes prolongées de chômage ou d’invalidité.

L’équité intergénérationnelle remise en cause

Le dispositif de carrières longues, qui permet un départ anticipé, bénéficie principalement aux retraités aux revenus moyens, alors que les plus modestes ne représentent que 13 % des bénéficiaires. Autre constat marquant : les retraités les plus aisés partent plus tôt que les plus pauvres, ce qui accentue les inégalités au sein d’une même génération.

Face à ce constat, Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, suggère de piloter le système non plus en fixant un âge de départ uniforme, mais en garantissant un âge équivalent « à vivre après la retraite », quelle que soit la catégorie sociale.

Le gouvernement attend désormais les conclusions du groupe de travail permanent sur les retraites avant de trancher. Catherine Vautrin, prudente, rappelle que c’est à l’exécutif de « prendre ses responsabilités », mais pas avant la fin des concertations.

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