Les électeurs polonais se rendent aux urnes ce dimanche pour un second tour décisif de l’élection présidentielle, dans un scrutin qui oppose deux visions radicalement différentes de l’avenir du pays au sein de l’Union européenne. D’un côté, le centriste pro-européen Rafal Trzaskowski, actuel maire de Varsovie soutenu par la Coalition civique (KO) au pouvoir. De l’autre, Karol Nawrocki, candidat nationaliste inspiré par Donald Trump, soutenu par le parti conservateur Droit et Justice (PiS).
Les derniers sondages donnaient un léger avantage à Trzaskowski, mais l’écart entre les deux prétendants reste dans la marge d’erreur, rendant l’issue du vote incertaine. Le scrutin a débuté à 7h du matin et se terminera à 21h. Des premiers résultats sont attendus dans la nuit, mais les chiffres définitifs pourraient ne pas être connus avant lundi.
Cette élection, bien que présidentielle, a une portée politique majeure. En Pologne, le président possède un pouvoir de veto sur les lois votées par le Parlement. Dans un contexte de fortes tensions internes et internationales, le résultat est scruté de près tant à Bruxelles qu’à Washington, Moscou ou Kiev.
Les deux candidats affichent un soutien à l’Ukraine et à l’augmentation des dépenses militaires, en ligne avec les exigences du président américain Donald Trump. Toutefois, ils divergent profondément sur la diplomatie et les valeurs sociétales. Trzaskowski milite pour une Pologne solidement ancrée dans l’Union européenne, et défend des droits élargis pour les femmes et la communauté LGBT. Nawrocki, à l’inverse, revendique une Pologne conservatrice, proche des États-Unis et attachée aux « valeurs traditionnelles ».
Le vote intervient un an et demi après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Donald Tusk, figure emblématique du retour de la Pologne dans le giron européen. Cette présidentielle constitue donc un test de popularité pour sa coalition au pouvoir. Nawrocki tente d’en faire un référendum sur l’action du gouvernement, dénonçant une élite libérale déconnectée des réalités du pays.
Dans les rues de Varsovie, comme ailleurs, l’affluence semble prometteuse. Des électeurs interrogés disent voter pour « l’avenir de leurs enfants » ou pour éviter que la Pologne ne tourne le dos à l’Europe. Les analystes estiment que la mobilisation dans les grandes villes, en particulier chez les jeunes, pourrait être décisive, comme lors des dernières législatives.
À l’inverse, Nawrocki compte sur les bastions ruraux et conservateurs du sud et de l’est, là où le PiS conserve un solide ancrage. Il a prévenu ses partisans : « Chaque voix compte. Ces élections peuvent se jouer à quelques bulletins près. »
Les regards sont désormais tournés vers les urnes, dans un pays profondément divisé mais conscient que le choix de ce dimanche pourrait marquer un tournant historique.