TOKYO – Le parti Sanseito, surnommé « Japonais d’abord » pour sa rhétorique nationaliste et son opposition à l’immigration, est en passe de réaliser une percée majeure à la Chambre haute du Parlement japonais, selon les premières estimations diffusées dimanche par la chaîne publique NHK. Né sur YouTube et alimenté par une base militante très active en ligne, le parti capitalise sur une vague de mécontentement populaire, notamment sur les questions d’identité nationale et d’ouverture aux étrangers.
La formation, fondée par des personnalités médiatiques et des influenceurs, pourrait obtenir entre 10 et 22 sièges, selon les projections. Un résultat qui ferait de Sanseito un acteur incontournable de la scène politique japonaise, jusque-là dominée par les grands partis traditionnels. Son chef, Sohei Kamiya, a déclaré vouloir désormais étendre l’influence du parti à la Chambre basse, affirmant : « Le Japon a besoin d’un nouveau cap, d’un gouvernement qui défend en priorité les Japonais. »
Sanseito s’est illustré par un discours musclé contre l’immigration, qu’il juge responsable de « l’érosion des valeurs culturelles japonaises ». Il prône également une politique de réarmement accéléré et un rejet du multiculturalisme, ce qui lui vaut des critiques virulentes de la part des partis progressistes et d’organisations internationales. Malgré cela, son message semble séduire un électorat inquiet face à la stagnation économique, au vieillissement démographique et à l’incertitude géopolitique.
Le parti a bâti sa notoriété à travers une stratégie numérique efficace, combinant vidéos virales, discours émotionnels et attaques ciblées contre l’élite politique et les médias traditionnels. Il mobilise particulièrement les jeunes électeurs et les classes moyennes rurales, déçus par les promesses non tenues des gouvernements successifs.
Sa progression électorale marque un tournant pour le Japon, pays longtemps rétif aux formations populistes. Les analystes redoutent que cette montée en puissance reflète une radicalisation du débat public, alimentée par les frustrations sociales et les craintes liées à l’immigration.
Alors que les résultats définitifs sont encore attendus, les autres partis devront désormais composer avec cette nouvelle force politique qui promet de faire entendre sa voix avec vigueur au sein du Parlement.