Mexique : l’autorité électorale enquête sur des tentatives d’ingérence avant un scrutin judiciaire historique
Mexique : l’autorité électorale enquête sur des tentatives d’ingérence avant un scrutin judiciaire historique

L’organisme électoral mexicain a ouvert une enquête sur des soupçons d’ingérence politique de la part de plusieurs partis, dont le parti au pouvoir Morena, à l’approche du scrutin judiciaire prévu ce dimanche, a annoncé lundi l’une de ses responsables. Ces élections, les premières du genre au Mexique, permettront aux électeurs de désigner plus de 840 juges et magistrats fédéraux, y compris l’ensemble des membres de la Cour suprême.

Selon Claudia Zavala, conseillère à l’Institut national électoral (INE), deux plaintes font actuellement l’objet d’une instruction. La première vise le gouvernement de l’État de Nuevo León, au nord du pays, ainsi que le parti Movimiento Ciudadano (MC), soupçonnés d’avoir mobilisé des fonctionnaires pour accompagner des électeurs aux urnes et distribué des tracts de campagne présentant les noms de certains candidats. La seconde plainte, déposée à Mexico, met en cause le parti Morena pour des faits similaires.

Ces accusations surviennent après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des distributions de matériel électoral interdit. Les règles en vigueur interdisent pourtant formellement aux candidats de se lier publiquement à un parti politique, d’accepter des dons ou de participer à des événements organisés par des formations politiques.

« Nous devons respecter la liberté de choix des citoyens. Personne ne devrait dicter à qui que ce soit pour qui voter », a déclaré Claudia Zavala, insistant sur l’importance d’un processus électoral libre et équitable. Les gouvernements de Nuevo León, ainsi que les partis Morena et MC, n’ont pas réagi aux demandes de commentaires.

L’INE décidera si ces faits constituent une violation du cadre légal. Le cas échéant, le dossier sera transmis au Tribunal électoral du pouvoir judiciaire fédéral, seule autorité habilitée à rendre un jugement définitif.

Ces élections judiciaires sont une initiative de l’ex-président Andrés Manuel Lopez Obrador, dans le cadre d’une vaste réforme du système judiciaire. Si elles sont saluées par certains comme un exercice de démocratie directe, elles soulèvent aussi des inquiétudes : plusieurs observateurs craignent une politisation de la justice et une vulnérabilité accrue face à l’influence de groupes criminels dans certaines régions du pays.

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