Les Honduriens se rendent aux urnes pour choisir leur prochain président, dans un climat politique déjà tendu et désormais bousculé par l’intervention inattendue de Donald Trump. Le scrutin, annoncé comme l’un des plus serrés depuis des années, pourrait être influencé par cette prise de position venue de Washington, signe d’un regain d’intérêt des États-Unis pour l’Amérique latine.
Cinq candidats sont en lice, mais trois d’entre eux apparaissent comme les principaux prétendants. Rixi Moncada, 60 ans, ex-ministre des Finances puis de la Défense au sein du gouvernement de Xiomara Castro, représente le parti social-démocrate LIBRE. Salvador Nasralla, qui se lance pour la quatrième fois, porte les couleurs du Parti libéral et se présente comme un outsider prêt à s’attaquer à la corruption endémique. Quant à Nasry « Tito » Asfura, ancien maire de Tegucigalpa, il tente de redonner du poids au Parti national, affaibli par les scandales passés.
Les programmes soulignent des priorités différentes : Moncada promet de « démocratiser » une économie marquée par des inégalités extrêmes ; Nasralla met en avant la lutte anticorruption ; Asfura insiste sur une vision pro-entreprises et la stabilité économique. Malgré une amélioration relative de la sécurité ces dernières années, l’insécurité et le chômage demeurent au cœur des préoccupations de la population.
La campagne, initialement centrée sur les accusations croisées de fraude, a été bouleversée cette semaine lorsque Donald Trump a apporté son soutien public à Asfura tout en critiquant ses adversaires. Le choc a été encore plus fort lorsqu’il a annoncé qu’il gracierait l’ancien président Juan Orlando Hernández, condamné à 45 ans de prison aux États-Unis pour son rôle dans le trafic de drogue.
Cette prise de position a surpris et inquiété une partie de l’électorat, déjà marqué par un contexte régional tendu en raison du renforcement militaire américain dans les Caraïbes et des menaces répétées contre le président vénézuélien Nicolás Maduro. Reste à savoir si cette intervention pèsera sur le vote ou si les électeurs privilégieront leurs préoccupations internes.
En parallèle de l’élection présidentielle, les Honduriens élisent également un nouveau Congrès ainsi que des centaines de maires et de conseils municipaux, dans l’espoir que la journée se déroule dans le calme malgré les tensions.