La Syrie prévoit des élections parlementaires en septembre, une première sous la nouvelle administration
La Syrie prévoit des élections parlementaires en septembre, une première sous la nouvelle administration

La Syrie organisera en septembre ses premières élections parlementaires sous la nouvelle administration, a annoncé dimanche Mohamed Taha, chef de la commission électorale, à l’agence de presse officielle SANA. Ce scrutin, prévu entre le 15 et le 20 septembre, vise à renouveler les 210 sièges de l’Assemblée populaire, marquant ainsi une étape clé dans le processus politique enclenché par les autorités syriennes.

Ce nouveau parlement comptera 60 sièges de plus que l’ancienne législature, en vertu d’un projet de loi récemment transmis au président Ahmed al-Sharaa. Ce dernier remplace un décret antérieur et prévoit que le président nommera directement un tiers des membres de l’assemblée. Cette mesure suscite déjà des interrogations sur l’équilibre entre légitimité électorale et contrôle présidentiel.

Les autorités syriennes se sont engagées à garantir un processus électoral transparent, en autorisant notamment la présence d’observateurs étrangers pour surveiller le déroulement des opérations de vote dans les comités électoraux. Cette ouverture vise à renforcer la crédibilité du scrutin sur la scène internationale, dans un contexte où la légitimité des institutions syriennes demeure fortement contestée.

Les zones échappant au contrôle du gouvernement, telles que les régions administrées par les Kurdes dans le nord ou la province druze de Soueida, devraient néanmoins être représentées. Les autorités ont indiqué que des sièges leur seraient attribués sur la base de leur population, bien que les modalités concrètes de cette représentation n’aient pas été détaillées.

Ce scrutin est présenté comme un jalon dans la reconstruction institutionnelle du pays, plus d’une décennie après le début du conflit. Le gouvernement affirme vouloir mettre en place un processus démocratique élargi. Toutefois, des critiques internes et externes dénoncent déjà l’absence d’une réelle inclusion des groupes d’opposition et des minorités, ainsi que le contrôle persistant de l’exécutif sur les institutions.

En l’absence de garanties sur la liberté d’expression et la sécurité des électeurs, les observateurs restent prudents quant à l’impact de ces élections sur la stabilité politique du pays.

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