Échec cuisant des référendums en Italie : la faible participation renforce Giorgia Meloni
Échec cuisant des référendums en Italie : la faible participation renforce Giorgia Meloni

Les cinq référendums organisés en Italie les 8 et 9 juin sur des thèmes clés liés à l’emploi et à la citoyenneté ont échoué en raison d’une participation électorale bien en deçà du seuil requis. Selon les données presque définitives, seuls 30 % des électeurs se sont rendus aux urnes, alors qu’il fallait atteindre un quorum de 50 % plus un pour que les résultats aient une valeur juridique. Ce revers porte un coup dur à l’opposition de centre-gauche, à l’origine de l’initiative, et constitue un succès politique pour la Première ministre Giorgia Meloni.

Portés par une coalition de partis d’opposition, de syndicats et de groupes de la société civile, les référendums visaient à inverser certaines réformes du marché du travail introduites il y a une décennie et à réformer la loi sur la naturalisation. Mais les électeurs n’ont pas suivi. Le Premier ministre Meloni, qui s’est opposée aux référendums et a appelé ses partisans à les boycotter, a salué indirectement ce résultat en envoyant ses proches collaborateurs défendre la victoire symbolique de son camp.

Giovanbattista Fazzolari, sous-secrétaire d’État et proche de Meloni, a déclaré que l’opposition avait voulu transformer ce scrutin en vote de défiance contre le gouvernement, mais que « la réponse est très claire : le gouvernement en ressort renforcé et la gauche affaiblie ».

L’une des questions les plus débattues concernait la réduction du délai de résidence requis pour demander la citoyenneté italienne, le faisant passer de 10 à 5 ans. Une mesure qui aurait pu concerner quelque 2,5 millions de personnes, notamment des travailleurs immigrés. Si les défenseurs du « oui » voyaient dans cette réforme un moyen de promouvoir l’intégration et de répondre au déclin démographique du pays, les premiers décomptes indiquent que près de 35 % des votants s’y sont opposés, suggérant un rejet plus marqué que pour les autres questions.

Les quatre autres référendums portaient sur des questions sociales et économiques, dont la responsabilité des entreprises en cas d’accidents du travail chez les sous-traitants, et l’annulation de certaines flexibilités du marché du travail mises en œuvre dans les années 2010. Malgré un soutien large dans les sondages pour ces mesures, l’abstention a réduit à néant leur portée.

Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, principal syndicat italien, a reconnu l’échec du quorum mais a tenté de relativiser : « Ce n’est pas un jour de victoire, mais le début d’un parcours. Des millions de personnes se sont mobilisées. »

Cette défaite référendaire illustre non seulement la fragmentation de l’opposition, mais aussi la difficulté à mobiliser l’électorat autour de thèmes sociaux dans une Italie dominée par une droite nationaliste solidement implantée depuis 2022.

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