Corée du Sud : premier débat présidentiel sous tension après la destitution de Yoon Suk Yeol
Corée du Sud : premier débat présidentiel sous tension après la destitution de Yoon Suk Yeol

SÉOUL, 18 mai 2025 — Les principaux candidats à la présidentielle sud-coréenne s’affronteront dimanche soir lors d’un premier débat télévisé très attendu, à moins de trois semaines d’un scrutin anticipé convoqué pour élire un successeur au président déchu Yoon Suk Yeol. Ce débat, axé sur la relance de l’économie, intervient dans un climat de forte instabilité politique et d’inquiétudes croissantes sur les relations commerciales avec les États-Unis.

Le 3 juin prochain, les Sud-Coréens désigneront un nouveau chef d’État après la destitution de Yoon en avril, conséquence directe de sa décision controversée d’imposer brièvement la loi martiale le 3 décembre 2024. Cette mesure avait suscité un tollé dans le pays et provoqué des troubles qui ont accéléré la tenue d’élections anticipées. Le débat de ce soir est le premier de trois échanges télévisés qui rythmeront la campagne jusqu’au scrutin.

En tête des intentions de vote figure Lee Jae-myung, candidat du Parti démocrate d’opposition, avec 51 % de soutien selon un sondage Gallup publié vendredi. Il devance de loin son principal rival, Kim Moon-soo du Parti conservateur du pouvoir populaire, qui recueille 29 %. Lee, ancien gouverneur de Gyeonggi et figure majeure de la gauche sud-coréenne, propose un ambitieux plan d’investissements dans l’intelligence artificielle à hauteur de 100 000 milliards de wons (environ 71,5 milliards de dollars), ainsi qu’un crédit d’impôt pouvant atteindre 10 % pour les semi-conducteurs produits localement.

Face à lui, Kim Moon-soo mise sur une politique d’innovation réglementaire en promettant de créer une agence dédiée et de consacrer plus de 5 % du budget national à la recherche et au développement. Les deux candidats s’opposent aussi dans leur manière de répondre aux tensions économiques avec les États-Unis. Depuis l’imposition en avril par Donald Trump de tarifs douaniers de 25 % sur les produits sud-coréens, Séoul a entamé des négociations commerciales urgentes pour tenter d’obtenir une dérogation.

Lee a également placé la réforme institutionnelle au cœur de sa campagne, proposant d’instaurer un mandat présidentiel de quatre ans renouvelable une fois, accompagné d’un système de scrutin à deux tours par référendum. Il souhaite aussi limiter le recours au pouvoir présidentiel de décréter la loi martiale et promet de traduire en justice les responsables de la décision prise le 3 décembre.

« Nous devons rassembler les forces du peuple pour extirper les racines de ces abus et en tenir les auteurs strictement responsables », a déclaré Lee dans une conférence de presse ce dimanche, en référence à l’ancienne administration.

Avec une économie en repli au premier trimestre et un climat politique encore instable, cette élection revêt une importance particulière pour l’avenir institutionnel et économique du pays. Le débat de ce soir pourrait être décisif pour clarifier les choix offerts aux électeurs sud-coréens.

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