LONDRES — Dans un retournement inattendu, le Parti travailliste britannique a remporté vendredi une élection partielle en Écosse, devançant le Parti national écossais (SNP) et infligeant un revers à Reform UK, le parti de Nigel Farage, dont la campagne a été entachée d’accusations de racisme. Ce succès surprise offre un répit bienvenu au Premier ministre Keir Starmer, en difficulté après une année marquée par une chute de popularité.
La circonscription de Hamilton, Larkhall et Stonehouse, située au sud-est de Glasgow, est tombée dans l’escarcelle des travaillistes après une campagne tendue et marquée par des attaques personnelles. Le scrutin avait été déclenché à la suite du décès d’un ministre du gouvernement écossais. Davy Russell, candidat du Labour, a récolté 31,6 % des voix, devant le SNP à 29,4 % et le Parti réformiste à 26,1 %. Ce dernier réalise un bond spectaculaire, après avoir obtenu à peine 0,2 % lors des dernières élections régionales en 2021.
La campagne de Reform UK a suscité l’indignation après que plusieurs responsables du parti ont souligné les origines pakistanaises du chef travailliste écossais, Anas Sarwar. Une vidéo diffusée en ligne, prétendant à tort que Sarwar entendait privilégier la communauté pakistanaise, a été qualifiée de « manifestement raciste » par le Labour. Le chef du SNP, John Swinney, a également dénoncé cette « politique de caniveau », tandis que Farage a contre-attaqué en accusant Sarwar d’avoir introduit le sectarisme en politique écossaise.
Ce contexte sulfureux n’a pas empêché une forte progression de Reform UK, qui voit sa stratégie populiste anti-immigration, anti-impôts et anti-UE trouver un écho inattendu en Écosse, bastion traditionnellement plus progressiste. La percée de Farage dans cette région accentue la pression sur les partis traditionnels, à un an des élections parlementaires écossaises.
Pour Keir Starmer, ce gain parlementaire écossais tombe à point nommé. Son gouvernement est critiqué pour sa gestion économique, notamment la hausse des impôts et la réduction des aides sociales. Malgré cette victoire symbolique, les analystes appellent à la prudence. Le politologue John Curtice, une référence en matière de sondages, estime que la baisse du score global du Labour montre que le parti n’a pas encore inversé la dynamique défavorable enregistrée depuis les élections générales de 2024.
La victoire de Davy Russell n’en reste pas moins une démonstration de résilience face à une campagne toxique. « Ce résultat envoie un message clair à Farage et à sa bande : le poison de Reform ne nous représente pas, ce n’est pas l’Écosse », a-t-il déclaré à ses partisans. Reste à savoir si cette résistance marquera un tournant durable dans le paysage politique écossais, ou si elle ne fait que retarder l’essor inexorable de l’extrême droite populiste au Royaume-Uni.