Le candidat conservateur à la présidentielle bolivienne, Jorge « Tuto » Quiroga, a annoncé qu’il entendait mettre en place des réformes économiques radicales s’il remportait le second tour du scrutin prévu le 19 octobre. Dans une interview exclusive accordée à Reuters depuis son domicile de La Paz, l’ancien président a affirmé vouloir accorder aux citoyens des participations dans les ressources naturelles stratégiques du pays, notamment le lithium, tout en ouvrant la voie à un rapprochement commercial avec Washington.
Âgé de 65 ans, Quiroga s’est imposé comme principal représentant du camp conservateur en arrivant deuxième au premier tour des élections du 17 août, avec environ 28 % des voix sur un total de huit candidats. Il affrontera le centriste Rodrigo Paz lors d’un duel électoral décisif. « Nous allons tout changer : les hydrocarbures, les mines, le lithium, les impôts », a-t-il promis, détaillant un projet de redistribution des richesses via une structure de fonds communs de placement.
L’ancien chef de l’État, qui a dirigé la Bolivie entre 2001 et 2002, prévoit également des mesures de privatisation et de réduction des dépenses publiques afin de relancer une économie fragilisée. Les exportations de gaz du pays ont été réduites de moitié ces dernières années, accentuant la nécessité de nouvelles sources de croissance.
Quiroga a souligné que sa coalition, l’Alliance pour la liberté (Alianza Libre), prépare déjà des propositions de réformes constitutionnelles et construit des alliances au Congrès pour accélérer leur adoption. Son programme s’inscrit en rupture avec la ligne plus interventionniste suivie par ses prédécesseurs de gauche.
Sur le plan international, il a indiqué vouloir rétablir et renforcer les relations avec les États-Unis, longtemps tendues sous les gouvernements précédents, et a évoqué la perspective d’un accord de libre-échange. « Nous voulons de meilleures relations, fondées sur le commerce et la coopération », a-t-il affirmé, en mettant en avant l’importance stratégique du lithium bolivien pour l’industrie mondiale des batteries.
Si Jorge Quiroga parvient à convaincre une majorité d’électeurs lors du second tour, la Bolivie pourrait amorcer un tournant économique et diplomatique majeur, marqué par une réorientation vers le marché et un rapprochement avec Washington.