À partir de ce mercredi, les avis et notes laissés sur Google Maps concernant les établissements scolaires vont être progressivement supprimés. Une décision mondiale, justifiée par le fait que nombre de ces commentaires, souvent anonymes, nuisaient gravement à l’image des écoles et au moral des personnels.
« Une usine où les élèves ne sont que des numéros », « Il faut virer la prof de dessin », « La directrice ne pense qu’à son confort » : ces exemples de commentaires, qui pullulent sur Google Maps, ont longtemps indigné les syndicats enseignants. Olivier Beaufrère, proviseur en Essonne et représentant du SNPDEN, dénonce une confusion entre évaluation de service public et notation de commerce : « On a l’impression d’être évalués comme des restaurants. » Même constat pour Guislaine David du SNUipp-FSU : « Un établissement scolaire, ce n’est pas un bar. »
Des critiques malveillantes et souvent diffamatoires
Si l’impact concret de ces avis est difficile à mesurer, leur tonalité nuit clairement à la réputation des établissements, surtout en zone urbaine. Les enseignants y sont parfois nommément pris pour cible, ce qui a conduit certains à porter plainte. « Cette façon de déverser sa haine est insupportable pour nos collègues », insiste auprès du Dauphiné, Guislaine David. Et même si des tentatives de dialogue avec les auteurs ont été menées, « on ne sait pas toujours qui se cache derrière ces messages », déplore dans les même colonnes, Olivier Beaufrère.
Cette mesure ne mettra toutefois pas fin aux commentaires publiés sur d’autres plateformes comme Facebook ou Instagram. Mais elle marque un tournant symbolique dans la reconnaissance du caractère sensible des métiers éducatifs. Pour évaluer un établissement, les indicateurs de valeur ajoutée (IVAL et IVAC) publiés par l’Éducation nationale, ou encore les classements de la presse spécialisée, offrent une lecture bien plus rationnelle et utile. Les syndicats insistent enfin sur la nécessité de renforcer le dialogue avec les familles pour éviter la tentation de l’anonymat malveillant.