L’annonce d’une expérimentation dans l’académie de Dijon suscite une vive opposition de la part du syndicat SNES-FSU. Le rectorat prévoit d’autoriser certains professeurs, non titulaires d’un diplôme spécifique en lettres, à enseigner le français après un simple entretien d’une trentaine de minutes. Une initiative perçue par le premier syndicat du secondaire comme une remise en cause grave de la professionnalisation du métier d’enseignant.
Un signal désastreux pour la profession
Interviewée chez nos confrères de franceinfo, pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, cette mesure constitue une forme de « mépris » à l’égard des enseignants. Elle estime qu’il ne suffit pas d’aimer une discipline pour être apte à l’enseigner. « Ce n’est pas parce qu’on a lu du Shakespeare et qu’on a voyagé en Angleterre qu’on devient professeur de français », déclare-t-elle, dénonçant une logique de « bricolage » et un mauvais signal envoyé aux familles comme aux enseignants eux-mêmes.
Un symptôme de crise pour l’école publique
Selon le syndicat, cette initiative reflète l’effondrement d’un système éducatif déjà mis à rude épreuve par le manque d’attractivité du métier, la surcharge des classes et des conditions de travail dégradées. La solution, plaide la secrétaire générale, ne réside pas dans l’improvisation mais dans la revalorisation du métier et une véritable formation. Elle appelle les responsables politiques à prendre la mesure de la crise qui frappe l’école publique, qu’elle qualifie de « scandale national ».