Dans le village de Bust, 500 habitants, la rentrée de septembre s’est faite sans élèves ni enseignants. L’école communale, fraîchement rénovée après deux ans de travaux pour près de 200 000 euros, n’a pas rouvert ses portes. En juin, l’académie de Strasbourg a décidé de réaffecter les deux postes d’enseignants, dans le cadre d’un regroupement pédagogique avec les communes voisines de Schœnbourg, Eschbourg-Graufthal et Pfalzweyer.
Un investissement ignoré par l’académie
Isolation, chauffage, mise aux normes pour l’accessibilité : le chantier avait mobilisé 189 000 euros, dont 70 000 de subventions, le reste étant financé directement par la commune. Pour le maire, Michel Beltran, cette fermeture est d’autant plus difficile à accepter que les efforts financiers du village n’ont pas pesé dans la balance. « Hormis le sol, tout a été refait », souligne-t-il, déplorant que l’investissement n’ait pas été pris en compte dans la décision académique. Les habitants partagent ce sentiment d’abandon, rappelant que l’école constituait le dernier service de proximité encore actif dans le bourg.
Une fermeture provisoire ?
Le recteur de l’académie, Olivier Klein, insiste toutefois sur le caractère réversible de la mesure. L’école n’est pas juridiquement fermée, affirme-t-il, et pourrait rouvrir si la démographie locale repartait à la hausse. Pour l’heure, il défend le regroupement intercommunal, évoquant un effectif qui serait tombé à soixante-dix élèves répartis en six classes sur plusieurs villages. Le maire a saisi le tribunal administratif pour tenter de suspendre la décision, mais le recours ne sera pas examiné avant l’an prochain. En attendant, l’établissement restera vide, symbole des contradictions entre investissements locaux et choix de rationalisation académique.