Pernod Ricard freiné par Washington et Pékin : le bénéfice chute de 18 % au premier semestre
Pernod Ricard freiné par Washington et Pékin : le bénéfice chute de 18 % au premier semestre

Les vents contraires venus des États-Unis et de la Chine ont pesé lourd. Au premier semestre de son exercice décalé 2025-2026, clos fin décembre, Pernod Ricard enregistre un net recul de ses performances financières. Le chiffre d’affaires s’établit à 5,25 milliards d’euros, en baisse organique de 5,9%, tandis que le résultat opérationnel courant recule de 7,5 % à 1,61 milliard d’euros. Le bénéfice net part du groupe ressort à 975 millions d’euros, soit une diminution de 18%.

Le numéro deux mondial des spiritueux avait anticipé une première moitié d’exercice difficile, avant une amélioration attendue au second semestre. Les prévisions se confirment, mais le contexte géopolitique et commercial complique la trajectoire. Droits de douane, guerre commerciale et incertitudes macroéconomiques ont fragilisé ses deux principaux marchés, américain et chinois.

États-Unis et Chine en fort recul

Aux États-Unis, premier marché du groupe, les ventes plongent de 15%. Les alcools européens y sont soumis depuis août à des droits de douane de 15%, ce qui pèse directement sur la demande. À cela s’ajoutent des ajustements de stocks constitués en amont et un environnement de consommation jugé modéré. Le Canada résiste davantage, mais le Brésil et le Mexique affichent aussi un repli, affectés respectivement par une crise liée au méthanol et par un contexte économique instable.

En Chine, la contraction est encore plus marquée. Le chiffre d’affaires y recule de 28 %, dans un climat de faiblesse persistante de la confiance des consommateurs et d’incertitudes économiques. Le groupe affiche une prudence commerciale élevée à l’approche du Nouvel An chinois, période traditionnellement stratégique pour les ventes de spiritueux.

En Europe, la baisse se limite à 3%, freinée notamment par l’Allemagne et l’Espagne. Hors États-Unis et Chine, la direction évoque un environnement contrasté mais globalement stable.

Économies et réorganisation pour préserver les marges

Face à ces tensions, Pernod Ricard ajuste ses investissements stratégiques, ramenés à 750 millions d’euros contre moins de 900 millions précédemment annoncés. Le groupe poursuit parallèlement un programme d’économies d’un milliard d’euros sur trois ans, portant sur la logistique, les achats, la fabrication et l’organisation interne. Les effectifs mondiaux sont passés d’environ 20 600 collaborateurs il y a trois ans à 18 200 aujourd’hui.

La direction mise sur une amélioration progressive au second semestre, notamment grâce à la reprise de certaines ventes en duty-free et au dynamisme de marchés comme l’Inde, où les ventes progressent de 4%, portées par une demande soutenue et une montée en gamme. Le groupe souligne également la diversification de son portefeuille et sa présence géographique équilibrée comme atouts structurels.

Dans un marché des spiritueux en mutation, marqué par des arbitrages de consommation et une recherche d’accessibilité ou de nouveaux goûts, Pernod Ricard se réorganise depuis le 1er janvier autour de deux entités distinctes dédiées aux alcools de vieillissement et aux autres catégories. L’exercice 2025-2026 est présenté comme une année de transition, avec l’espoir que la seconde moitié viendra atténuer les effets d’un premier semestre lourdement pénalisé par la conjoncture internationale.

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