L’inflation poursuit son ralentissement dans la zone euro, offrant un peu d’oxygène à la Banque centrale européenne. En mars, la hausse des prix à la consommation a reculé à 2,2 % sur un an, contre 2,3 % en février, selon les chiffres publiés mardi par Eurostat. Une bonne nouvelle pour l’institution de Francfort, qui pourrait s’appuyer sur cette tendance pour abaisser à nouveau ses taux lors de sa réunion prévue les 16 et 17 avril.
Vers une septième baisse des taux ?
La BCE se rapproche de sa cible de 2 % grâce au reflux des prix de l’énergie et à une inflation des services en repli, à 3,4 % contre 3,7 % le mois précédent. L’inflation dite « sous-jacente », qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, a également fléchi à 2,4 %, son niveau le plus bas depuis janvier 2022. Ces indicateurs renforcent les anticipations d’un nouvel assouplissement monétaire de 25 points de base.
Mais ce scénario optimiste est freiné par une incertitude majeure : les nouvelles barrières douanières décidées par Donald Trump. Le président américain impose depuis la mi-mars une taxe de 25 % sur l’acier, l’aluminium et, dès ce mercredi, sur les automobiles européennes. Il a également annoncé l’entrée en vigueur de droits de douane « réciproques » sur d’autres secteurs.
Ces tensions commerciales pourraient, selon les économistes, avoir des effets paradoxaux : un ralentissement de la croissance via la chute des exportations, mais aussi une pression haussière sur les prix en cas de représailles européennes. « L’incertitude sur les perspectives d’inflation à court terme reste très élevée », prévient Bert Colijn, chef économiste chez ING.
Depuis juin 2024, la BCE a réduit ses taux à six reprises, inversant la politique de resserrement engagée depuis 2022 pour juguler l’envolée des prix consécutive à la guerre en Ukraine. La réunion d’avril pourrait marquer une étape supplémentaire de ce cycle, mais la décision dépendra des effets réels des nouvelles tensions commerciales transatlantiques.