Mardi 10 mars, le tribunal des activités économiques de Lyon a prononcé la liquidation de la holding du groupe ACI, six mois après son placement en redressement judiciaire en septembre 2025. Le choc tient autant au symbole qu’aux chiffres : Philippe Rivière, président d’ACI, avait occupé l’espace médiatique ces dernières années avec ses plaidoyers pour la « souveraineté industrielle », mais il n’a pas présenté d’offre jugée recevable malgré plusieurs délais.

Derrière les discours, ACI s’était bâti à marche forcée, en six ans, à coups de rachats successifs (une trentaine de PME au total) jusqu’à former, d’après le ministère de l’économie, un ensemble de 33 filiales et 1 330 salariés en France, très exposés à la mécanique de précision pour le nucléaire, l’aéronautique et la défense, avec des ancrages forts dans la Loire et en Haute-Savoie.

Un empire de PME, vendu à la découpe pour limiter la casse

Depuis l’automne et l’hiver 2025, le groupe se délite au fil des audiences, et le lecteur comprend vite la logique : sauver ce qui peut l’être, dossier par dossier, atelier par atelier. Certaines filiales ont été liquidées sans tarder (Berthier Alpes, Qarboon, SV Industries), d’autres ont suivi après un passage par le redressement judiciaire (MPM, Rectichrome).

Mais une quinzaine ont trouvé preneur, souvent près de chez elles : HBP Group a repris Molliex Frères dans la vallée de l’Arve, SC Decolletage (Sauthier Cafro) a mis la main sur Experdeco et Lacroix-Poncet, et Safran a récupéré son sous-traitant MCA dans la Loire avec maintien des effectifs. Une opération de sauvetage par morceaux, qui rappelle une évidence parfois oubliée : l’industrie ne se décrète pas, elle se finance et se pilote au long cours, et maintenant, qui ramassera les prochains maillons fragilisés de ces chaînes stratégiques ?

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