Pérou : la découverte d’une sépulture vieille de 5 000 ans éclaire le rôle des femmes dans la civilisation Caral
Caral

C’est une trouvaille archéologique majeure que des chercheurs ont révélée jeudi 24 avril à Lima. Sur le site d’Aspero, dans l’ouest du Pérou, des restes humains vieux de cinq millénaires ont été mis au jour. Il s’agit d’une femme qui aurait appartenu à la civilisation Caral, la plus ancienne connue du continent américain. Au-delà de sa valeur historique, cette découverte ravive les débats sur le statut social des femmes dans les sociétés précolombiennes.

Une figure féminine de haut rang

Les archéologues à l’origine de cette mise au jour ont présenté des images et une vidéo de la sépulture, retrouvée en décembre 2024 dans l’ancien village côtier d’Aspero. Longtemps utilisé comme site de décharge, cet endroit est aujourd’hui reconnu comme un site archéologique d’importance, exploré depuis 1996 sous la direction de l’archéologue Ruth Shady.

D’après les premières analyses, il s’agit des restes d’une femme mesurant environ 1,5 mètre et décédée entre 20 et 35 ans. Selon David Palomino, directeur des fouilles, la défunte portait une coiffe — symbole probable d’un statut élevé — et son corps était enveloppé de plusieurs couches de textiles ainsi que d’un manteau orné de plumes d’ara, un oiseau d’Amazonie. Ce rituel funéraire suggère que cette femme occupait un rang d’élite dans sa communauté. Plusieurs objets d’accompagnement ont été retrouvés : un bec de toucan, un bol en pierre et un panier en paille, exposés ce 24 avril au ministère de la Culture à Lima.

La civilisation Caral, berceau des sociétés andines

Contemporaine des civilisations égyptienne et mésopotamienne, la culture Caral s’est développée entre 3000 et 1800 avant notre ère sur les plateaux désertiques du nord du Pérou, à quelque 180 kilomètres de la capitale. Elle précède ainsi de plusieurs millénaires l’essor de la civilisation inca. Réputée pour son architecture monumentale, sa planification urbaine et sa société organisée, Caral fait figure de modèle pour comprendre les premiers développements civilisationnels en Amérique.

Cette sépulture féminine d’élite vient enrichir la compréhension de l’organisation sociale de Caral, suggérant que les femmes y occupaient peut-être des fonctions religieuses, politiques ou économiques de premier plan. Une hypothèse qui, si elle se confirme, pourrait contribuer à réévaluer la place des femmes dans les premières sociétés andines.

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