L’Elysée instaure une journée en mémoire d’Alfred Dreyfus le 12 juillet
L’Elysée instaure une journée en mémoire d’Alfred Dreyfus le 12 juillet

À partir de 2026, chaque 12 juillet donnera lieu à une cérémonie nationale pour honorer la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus. Une initiative annoncée par l’Élysée à l’occasion du 90e anniversaire de sa mort, symbole fort contre l’antisémitisme et pour la défense de l’État de droit.

Un hommage officiel à une figure de la justice bafouée

Dans un communiqué publié samedi 12 juillet 2025, Emmanuel Macron a déclaré que « désormais, chaque 12 juillet, se tiendra une cérémonie de commémoration pour Dreyfus, pour la victoire de la justice et de la vérité contre la haine et l’antisémitisme ». La première célébration aura lieu en 2026, à l’occasion du 120e anniversaire de l’arrêt de la Cour de cassation qui, en 1906, avait définitivement reconnu l’innocence de l’officier.

L’affaire Dreyfus, qui avait bouleversé la France entre 1894 et 1906, reste l’un des plus retentissants scandales judiciaires de l’histoire moderne. Accusé à tort de trahison, en partie du fait de ses origines juives, le capitaine fut condamné, dégradé publiquement, puis envoyé au bagne en Guyane. Il ne fut réhabilité qu’au terme d’un long combat juridique et politique, au prix d’une division profonde de la société française. Dreyfus reprendra ensuite sa carrière militaire jusqu’à devenir lieutenant-colonel à l’issue de la Première Guerre mondiale.

Une vigilance renouvelée face à la résurgence de l’antisémitisme

Ce geste de reconnaissance n’est pas qu’un hommage au passé. Dans sa déclaration, le président de la République souligne que « la filiation des héritiers des antidreyfusards, antirépublicains et antisémites […] ne s’est jamais éteinte ». Il appelle à une vigilance constante face à ces « vieux démons », soulignant leur résurgence dans le climat contemporain.

Selon les données du ministère de l’Intérieur relayées par franceinfo avec AFP, 504 actes antisémites ont été recensés entre janvier et mai 2025 en France. Un chiffre en recul de 24 % par rapport à l’année précédente, mais deux fois plus élevé qu’en 2013. Une réalité alarmante qui, pour Emmanuel Macron, justifie l’ancrage de cette mémoire dans le calendrier républicain. L’élévation symbolique de Dreyfus au rang de général de brigade, décidée par l’Assemblée nationale, ainsi que les appels à son entrée au Panthéon, témoignent d’une volonté de réparer durablement une injustice d’État.

Ce devoir de mémoire, affirme l’Élysée, doit « continuer d’inspirer notre conduite ». Une manière de faire du nom d’Alfred Dreyfus non seulement une leçon d’histoire, mais un rempart actif contre l’oubli et la haine.

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