Le Dance Theatre of Harlem revient en France après quarante ans d’absence
Le Dance Theatre of Harlem revient en France après quarante ans d’absence

La compagnie new-yorkaise Dance Theatre of Harlem entame, en février et début mars, une tournée française qui marque son retour sur les scènes hexagonales après quatre décennies. Fondée en 1969 dans le sillage du mouvement des droits civiques, la troupe arrive avec deux programmes alternés, construits comme une vitrine de son ADN : faire dialoguer le vocabulaire du ballet classique avec des écritures contemporaines et un héritage afro-américain revendiqué.

Une histoire née à Harlem, pensée comme une école et un manifeste

Le Dance Theatre of Harlem est né de la rencontre entre Arthur Mitchell, premier danseur noir devenu “principal” au New York City Ballet en 1962, et Karel Shook, son professeur et maître de ballet. Leur projet, lancé à Harlem, commence par des cours donnés dans les sous-sols d’une église, avant l’installation de l’école dans un garage réhabilité. L’ambition dépasse la seule scène : offrir une formation d’excellence et ouvrir des perspectives dans les métiers du spectacle, de l’interprétation à l’administration, dans un milieu où les danseurs noirs étaient largement tenus à l’écart.

La compagnie prend son envol au début des années 1970, avec une première représentation officielle au musée Guggenheim à New York en 1971, puis une carrière internationale rapide, ponctuée notamment d’une tournée en URSS en 1988 et d’une venue en Afrique du Sud en 1992 à la demande de Nelson Mandela. Au fil du temps, la troupe devient aussi un acteur concret de l’inclusion, en faisant évoluer les usages du secteur, y compris sur des questions aussi matérielles que la création de chaussons et d’accessoires adaptés aux différentes carnations.

Deux programmes en tournée, de Balanchine à Stevie Wonder

Dirigée depuis 2022 par le chorégraphe Robert Garland, la compagnie arrive en France avec une bande-son volontairement transgénérationnelle, de Jean-Sébastien Bach à Radiohead, en passant par Stravinsky, James Brown, Aretha Franklin ou Stevie Wonder. Le répertoire présenté illustre le grand écart assumé entre tradition et modernité : Les Donizetti Variations de George Balanchine côtoient Higher Ground de Robert Garland, créé en 2022 sur une musique de Stevie Wonder, ainsi qu’une pièce de William Forsythe créée à Harlem en 2023 sur des chansons de James Blake. Deux ballets du chorégraphe polonais Robert Bondara figurent aussi au programme. L’Oiseau de feu, chorégraphié en 1982 par John Taras sur la partition de Stravinsky, n’est annoncé qu’à Paris les 27 et 28 février.

La tournée française se déroule à l’Opéra national de Bordeaux du 11 au 15 février, au Colisée de Roubaix du 19 au 21 février, au Palais des Congrès de Paris du 26 au 28 février, puis à la Bourse du Travail de Lyon du 5 au 7 mars. Dix-huit danseurs participent à ces dates, pour un retour qui remet en lumière l’un des projets artistiques américains les plus identifiés à la question de la diversité dans le ballet.

Partager