Dans son premier long métrage, La Pampa, Antoine Chevrollier explore la construction de la virilité et ses contradictions à travers l’histoire de Jojo, un jeune prodige du motocross dont le coming out bouleverse son entourage. Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes, le film se déroule dans un village du Maine-et-Loire, territoire où le réalisateur a grandi. Porté par Amaury Foucher et Sayyid El Alami, le récit navigue entre amitié, transmission familiale et poids des normes sociales.
Au cœur du film, Jojo et son ami Willy entretiennent une relation fusionnelle, renforcée par leur passion commune pour la moto. Mais lorsque Jojo révèle son homosexualité, les réactions autour de lui mettent en lumière les tensions entre une masculinité rigide et l’expression de soi. Son père, interprété par Damien Bonnard, incarne cette résistance, incapable d’accepter l’identité de son fils. Le film s’attarde ainsi sur la manière dont la société impose des modèles virils, parfois destructeurs.
À travers une mise en scène épurée et efficace, La Pampa s’inscrit dans une lignée de films questionnant la jeunesse et la masculinité, tout en ancrant son récit dans un territoire réaliste et poignant. Antoine Chevrollier privilégie une approche sensorielle, entre silences évocateurs et moments de tension dramatique. En confrontant le sport et la découverte de soi, La Pampa offre une réflexion percutante sur la transmission des valeurs et la difficulté de s’émanciper des carcans sociaux.