La nouvelle réglementation sur les drapeaux à l’Eurovision, annoncée à quelques semaines de la finale à Bâle, marque un tournant dans la politique d’expression visuelle du concours. L’Union européenne de radiodiffusion (UER) autorise désormais les spectateurs à brandir tout drapeau, dans la limite de la législation suisse, tandis qu’elle impose aux artistes une stricte neutralité : seul le drapeau du pays qu’ils représentent sera toléré.
Des spectateurs libres, des artistes encadrés
Selon le diffuseur danois DR, les spectateurs pourront assister aux événements avec des drapeaux variés — y compris ceux de l’Union européenne, de la Palestine ou encore de la communauté LGBT+, qui étaient jusqu’alors restreints. Cette ouverture vise à reconnaître la diversité des identités sans enfreindre la législation locale. En revanche, du côté des participants, les règles se durcissent : fini les démonstrations de solidarité ou les références à des identités plurielles. Les artistes ne pourront porter ou afficher que le drapeau du pays pour lequel ils concourent, même s’ils sont originaires d’un autre État.
Une volonté de neutralité dans un climat géopolitique tendu
Ce changement intervient dans un contexte où l’Eurovision cherche à contenir les débordements politiques sur scène. En 2016, la bannière du Haut-Karabagh brandie par une chanteuse arménienne avait déclenché des tensions. L’an dernier, l’apparition du drapeau non binaire avait suscité un débat sur la liberté d’expression au sein du concours. En 2025, l’UER rappelle que « les messages politiques doivent être évités », tout en laissant au public un champ d’expression plus large.
L’objectif affiché est de préserver l’équilibre entre liberté individuelle et respect de l’événement comme espace apolitique, au moment où des tensions régionales, notamment liées au conflit israélo-palestinien, pourraient raviver les crispations lors de la compétition. La finale est prévue le 17 mai à Bâle, en Suisse.