Une nouvelle découverte archéologique majeure vient d’être annoncée sur la rive ouest du Nil, face à Louxor. Dans un communiqué publié le 28 février, le gouvernement égyptien a révélé la mise au jour, dans la nécropole de Gournah, d’un dépôt funéraire renfermant 22 momies placées dans des cercueils en bois peint, ainsi que huit papyrus rares. La fouille a été menée par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes avec la fondation Zahi Hawass pour l’archéologie et le patrimoine.
Une cache funéraire aménagée dans l’urgence
Les archéologues ont découvert, près de la tombe de Seneb, une salle rectangulaire creusée dans la roche qui servait manifestement de lieu de stockage funéraire. À l’intérieur, 22 cercueils polychromes étaient entassés sur dix niveaux, tandis que leurs couvercles avaient été rangés à part afin de gagner de la place. Selon les premières analyses relayées par les autorités égyptiennes, cette organisation suggère un déplacement rapide des dépouilles pour les soustraire à un danger imminent.
Ces sarcophages remontent à la Troisième Période intermédiaire, entre environ 1069 et 664 avant notre ère, une phase de troubles politiques et de pillages répétés des tombes. D’après les inscriptions relevées sur plusieurs cercueils, les défunts ne sont pas désignés par leur nom mais par leur fonction, en particulier celle de « chanteur d’Amon », un titre religieux lié au culte du grand dieu thébain. Les chercheurs pensent donc que ces momies appartenaient à des officiants rattachés aux sanctuaires de la région.
Des papyrus rares pour éclairer une période mal connue
La fouille a aussi livré un autre ensemble précieux : huit papyrus retrouvés dans un grand vase en céramique, dont certains portaient encore leur sceau d’argile d’origine. Les chercheurs y voient un ensemble documentaire particulièrement important, susceptible d’apporter de nouvelles informations sur l’organisation religieuse et sociale de cette époque encore imparfaitement connue de l’histoire égyptienne.
Les cercueils, fragilisés par plus de 2 600 ans d’enfouissement, ont été pris en charge dans le cadre d’une restauration d’urgence avant leur transfert en réserve. Selon les responsables de la mission, les recherches vont désormais se poursuivre afin de localiser les tombes d’origine de ces défunts et de mieux comprendre les circonstances exactes de cette mise à l’abri.