C’était un 1er avril : Napoléon III gagne et perd avec la IIe Exposition universelle
Exposition universelle

Le 1er avril 1867, Paris inaugure sa deuxième Exposition universelle sur le Champ-de-Mars. Organisée à l’initiative de Napoléon III, elle rassemble pendant sept mois les plus grandes puissances industrielles et culturelles de l’époque, avec 41 pays représentés, 50 000 exposants et plus de dix millions de visiteurs. Un immense bâtiment ovale, de 490 mètres sur 380, abrite les galeries thématiques, avec au centre un jardin. Autour, des pavillons nationaux présentent leurs richesses et savoir-faire. C’est aussi l’une des premières fois que des démonstrations techniques attirent l’attention du public : l’ascenseur de sécurité de l’américain Otis, un ballon captif à vapeur, des objets en aluminium ou encore des scaphandres. Un jeune ingénieur du nom de Gustave Eiffel participe à la construction de la galerie des machines.

Une vitrine du Second Empire

L’exposition célèbre la réussite industrielle et urbaine du Second Empire, dans un Paris transformé par les travaux d’Haussmann. De nombreuses têtes couronnées font le déplacement : le tsar de Russie, le roi de Prusse, le roi des Belges, le sultan ottoman, ou encore l’émir Abd el-Kader. Les pavillons exotiques, comme ceux du Maroc, de la Tunisie ou de l’Égypte, impressionnent les visiteurs, tout comme les nouveautés présentées dans la galerie de l’Histoire du travail. En marge, de nombreuses festivités sont organisées, notamment un grand bal aux Tuileries. Si l’exposition est un succès technique, diplomatique et populaire, elle n’empêche pas le déclin politique de Napoléon III, fragilisé cette même année par l’échec de l’expédition au Mexique.

Certaines structures de l’exposition connaîtront une seconde vie. Plusieurs isbas du pavillon russe sont toujours visibles à Saint-Cloud et dans le 16e arrondissement de Paris. Un pagodon est transféré au jardin de Bagatelle puis en Angleterre. Le pavillon mauresque est reconstruit en Bavière, et le palais du Bardo rejoint le parc Montsouris. Ces vestiges témoignent de l’ampleur d’un événement pensé pour affirmer la place de la France dans le monde moderne.

Partager