C’était un 13 mai : Première traversée aéropostale de l’Atlantique Sud
C’était un 13 mai : Première traversée aéropostale de l’Atlantique Sud

Le 13 mai 1930, Jean Mermoz atterrit à Natal, au Brésil, bouclant la première traversée aéropostale commerciale de l’Atlantique Sud. Une prouesse de 3 200 km qui fera entrer l’aviation française dans la légende.

L’exploit d’un « Archange » du ciel

Le 13 mai 1930, Jean Mermoz, accompagné du navigateur Jean Dabry et du radio Léopold Gimié, pose en douceur son hydravion Latécoère 28-3 « Comte de la Vaulx » sur le rio Potengi, à Natal, sur la côte brésilienne. Vingt-et-une heures plus tôt, l’équipage avait décollé de Saint-Louis, au Sénégal, avec 130 kilos de courrier. L’objectif ? Réduire à un jour et une nuit ce que les bateaux mettaient alors quatre jours à parcourir. L’Atlantique Sud devient ainsi un trait d’union aérien entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, et la ligne postale un lien vital pour des milliers de familles, de commerçants et de diplomates.

Cette traversée était loin d’être sans risque. L’hydravion, lourd et lent, devait affronter la zone du Pot-au-noir, théâtre de conditions climatiques extrêmes où les orages équatoriaux se forment en muraille impénétrable. Mermoz volera à seulement 50 mètres au-dessus de l’océan pour se frayer un chemin dans cette « tornade sans vent ». Il en sortira inondé, secoué, mais vivant. Le courrier, quant à lui, poursuivra sa course jusqu’à Buenos Aires, via Rio et Montevideo.

L’Aéropostale entre gloire et péril

Cet exploit s’inscrit dans l’épopée de l’Aéropostale, lancée par Pierre-Georges Latécoère dès la fin de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, les « chevaliers du ciel » tels que Mermoz, Saint-Exupéry ou Guillaumet bravent désert, cordillère et océan pour assurer une liaison régulière du courrier entre Toulouse, Dakar et les grandes capitales sud-américaines.

Mermoz, surnommé « l’Archange », est déjà célèbre pour avoir franchi les Andes et établi les premiers vols de nuit. Avec cette traversée de l’Atlantique Sud, il inscrit son nom dans l’histoire. Mais la gloire a son prix. Le vol retour sera un échec : après 52 tentatives de décollage, une panne de moteur contraint l’hydravion à amerrir en plein Atlantique. Le courrier est sauvé, l’équipage aussi. L’appareil, lui, coule à pic.

Six ans plus tard, le 7 décembre 1936, Jean Mermoz disparaît en mer à bord du Croix du Sud lors de sa 24e traversée de l’Atlantique Sud. Il laisse derrière lui une légende, celle d’un homme pour qui « mourir dans un lit » aurait été l’unique véritable accident.

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