Après le refus par la régie publicitaire de la SNCF et de la RATP d’afficher le film Sacré Cœur dans le métro parisien, accusé de « prosélytisme », l’affaire rebondit à Marseille. Le maire Benoît Payan a interdit, en dernière minute, la projection du long-métrage réalisé par Sabrina et Steven Gunnell, prévue mardi soir au château de la Buzine. Une décision tombée une heure avant la séance, justifiée au nom de la « laïcité », un argument qui a provoqué la colère du public, des réalisateurs et de plusieurs élus locaux.
Diffusé dans tout le pays depuis le 1er octobre, Sacré Cœur retrace l’histoire bouleversante du Cœur de Jésus révélé à Sainte Marguerite-Marie Alacoque. Avec 170 000 spectateurs en 3 semaines, le film documentaire connaît un succès inattendu, porté par un bouche-à-oreille solide et des salles combles. Sa déprogrammation à Marseille a fait figure de provocation pour de nombreux fidèles et spectateurs venus assister à la séance.
Sur X, la sénatrice LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a dénoncé « une décision absurde et discriminatoire » :
« Marseille a accueilli le Pape, mais le maire fait déprogrammer le film Sacré Cœur au château de la Buzine au nom de la laïcité. Bientôt la suppression du marché de Noël, des crèches, des croix, des expos provençales ou des livres parlant de Jésus dans les bibliothèques ? », a-t-elle fustigé.
Même indignation du côté du sénateur RN Stéphane Ravier. Dans une tribune publiée au Journal du Dimanche, il dénonce un acte de « christianophobie municipale » :
« La ville de la Bonne-Mère s’est choisi un bien mauvais maire. Son agenda politique pourrait se résumer ainsi : atrophie de la mémoire des uns, exaltation de la culture des autres (…) Visionner un documentaire traitant un aspect central de notre culture chrétienne semble désormais dépasser ses lignes rouges. »
Le réalisateur Steven James Gunnell a appelé de son côté les Marseillais « à ne pas se laisser faire ».
Interdit d’affichage à Paris, déprogrammé à Marseille, le film Sacré Cœur continue, en dépit de la polémique, de remplir les salles partout ailleurs, paradoxe d’un film censuré pour sa foi, mais plébiscité pour son humanité.