Voilà un chiffre qui pique, même quand le prix affiché semble enfin respirer. Selon un document de travail du gouvernement, les marges brutes des distributeurs de carburants en France se situent aujourd’hui au-dessus de leur niveau d’avant le début de la guerre au Moyen-Orient. Début 2026, la marge brute moyenne tournait autour de 30 centimes par litre, elle grimpe fin avril à 33,6 centimes sur le gazole et avoisine 30 centimes sur l’essence.
Et pendant ce temps-là, les automobilistes, eux, voient les tarifs reculer à petits pas, comme si la baisse avait mis le clignotant sans jamais changer de voie. Rappel utile: cette marge brute finance les charges d’exploitation, transport, salaires, logistique, elle ne dit pas tout du bénéfice final, mais elle donne le ton.
Quand le litre baisse, la marge tient bon
Dans le détail, le document évoque des niveaux autrement plus musclés chez certains acteurs, avec des marges brutes sur le gazole à 39, 43 et parfois au-delà de 50 centimes par litre, près de 40 centimes sur l’essence. Sont cités des pétroliers comme TotalEnergies, ENI, Esso, AVIA, mais aussi des enseignes de la grande distribution, Carrefour Market, Carrefour Contact ou Intermarché.
L’exécutif a demandé aux distributeurs de venir expliquer « l’évolution et le calcul de leurs marges » à l’issue d’une réunion consacrée aux prix, un conseiller parlant de niveaux « inadmissibles ». Mi-avril, l’idée d’un décret pour plafonner les marges avait été mise sur la table, avec l’opposition immédiate du secteur. La suite se jouera sur un fil: entre transparence réclamée, contraintes réelles des réseaux et tentation politique de serrer la vis, le match des centimes n’a pas fini d’agiter les panneaux lumineux des stations.
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