« Un simple accident » franchit la shortlist et rêve d’Oscar pour la France
« Un simple accident » franchit la shortlist et rêve d’Oscar pour la France

La course aux Oscars 2026 entre dans une phase décisive et la France peut nourrir de sérieux espoirs. Un simple accident, réalisé par le cinéaste iranien Jafar Panahi et désigné candidat français, figure désormais parmi les quinze films présélectionnés pour l’Oscar du meilleur film international. Cette étape clé, révélée le 16 décembre par l’Académie américaine, rapproche le long-métrage de la sélection finale, qui sera dévoilée fin janvier avant la cérémonie prévue à Los Angeles en mars.

Une avancée majeure dans la course au film international

La présence de Un simple accident dans cette shortlist constitue un signal fort. Chaque pays ne pouvant présenter qu’un seul film, seuls quinze titres restent désormais en lice avant qu’ils ne soient réduits à cinq nominations officielles, selon le règlement de l’Académie des Oscars rappelé par l’AFP. Lauréat de la Palme d’or au Festival de Cannes 2025, le film bénéficie déjà d’une reconnaissance internationale importante, souvent déterminante dans ce type de compétition.

Produit notamment par Les Films Pelléas et distribué par Mémento, le long-métrage marque aussi un choix singulier : celui de confier la représentation française à un réalisateur étranger. Une situation rare mais pas inédite, la France ayant déjà fait ce pari par le passé, notamment avec Tran Anh Hung en 2023. Le film n’était cependant pas le seul espoir hexagonal : d’autres œuvres françaises remarquées à Cannes, comme celle des frères Dardenne, n’ont pas franchi ce cap.

Un film politique tourné dans des conditions extrêmes

Au-delà de la compétition, Un simple accident attire l’attention par son contexte de fabrication. Réalisé clandestinement en Iran, le film met en scène un ancien tortionnaire du régime islamique confronté à ses victimes. Le tournage a été interrompu par la police avant d’être achevé dans l’urgence, un élément largement relayé par les médias spécialisés et confirmé par l’AFP. Jafar Panahi, déjà emprisonné à plusieurs reprises et récemment condamné à un an de prison par contumace, continue de travailler malgré les restrictions, refusant l’exil pour témoigner de la société iranienne de l’intérieur.

Cette dimension politique a été saluée par les institutions françaises. Le président du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel, a ainsi estimé que le film illustrait « la place centrale de la France dans les coproductions internationales et son rôle de terre d’accueil pour les créateurs empêchés », selon une déclaration officielle du CNC. Un soutien symbolique alors que la France n’a plus remporté l’Oscar du meilleur film international depuis Indochine en 1993.

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