Udo Kier, figure culte du cinéma d’auteur et d’Hollywood, s’éteint à 81 ans
Udo Kier, figure culte du cinéma d’auteur et d’Hollywood, s’éteint à 81 ans

Monstre sacré du cinéma européen comme américain, Udo Kier est mort à 81 ans, a annoncé son compagnon Delbert McBride au magazine Variety, une information exclusive relayée également par Franceinfo d’après l’AFP. Acteur caméléon, silhouette immédiatement reconnaissable, il laisse derrière lui plus d’un demi-siècle de carrière et plus de 200 films, des œuvres underground des années 1970 aux blockbusters hollywoodiens.

Un acteur fétiche des cinéastes radicaux

Né en 1944 à Cologne sous les bombardements, Udo Kier survit miraculeusement à la destruction de l’hôpital où il voit le jour. Ce début chaotique préfigure un parcours atypique : à 18 ans, il s’installe à Londres pour apprendre l’anglais, avant de se partager toute sa vie entre les États‑Unis et l’Europe. Sa carrière décolle dans les années 1970 avec deux films produits par Andy Warhol, Chair pour Frankenstein et Du sang pour Dracula, qui lui valent une notoriété immédiate dans le cinéma expérimental.

Il devient ensuite l’un des interprètes privilégiés de Rainer Werner Fassbinder, notamment dans Lili Marleen (1981), puis du réalisateur danois Lars von Trier, qui le fait apparaître régulièrement dans ses œuvres, de Dogville à Melancholia en passant par Dancer in the Dark. Cette fidélité artistique fait d’Udo Kier l’un des visages les plus familiers du cinéma d’auteur européen.

De second rôles iconiques aux derniers hommages

À Hollywood, Kier s’impose dans les années 1990 comme un acteur de seconds rôles incontournable, capable d’apporter une étrangeté ou une menace immédiate à chaque apparition. Il joue ainsi dans Ace Ventura, Armageddon ou encore Blade, des rôles qui renforcent sa réputation d’« acteur aux visages multiples ».

Sa dernière présence à l’écran remonte à 2025 dans L’Agent secret du Brésilien Kleber Mendonça Filho, récompensé à Cannes, où il incarne brièvement un survivant de la Shoah installé au Brésil.

Installé depuis plusieurs années à Palm Springs, Udo Kier continuait de participer à des festivals et à apparaître dans des productions indépendantes. Les causes de son décès n’ont pas été communiquées, mais l’annonce faite à Variety par son compagnon a déclenché une vague d’hommages pour celui que Hollywood considérait comme l’un de ses plus fascinants seconds rôles, et que le cinéma européen voyait comme un acteur iconoclaste mêlant poésie, extravagance et intensité.

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