Avec I Love Peru, présenté dans la sélection Cannes Classics 2025, Raphaël Quenard signe un moyen-métrage aussi burlesque qu’introspectif, coréalisé avec Hugo David. Accueilli avec ferveur par le public de la salle Agnès Varda, ce faux documentaire aux allures de farce s’impose comme un objet filmique inclassable et réjouissant.
Une quête de sens sur fond d’absurde
Le film débute comme une satire du monde du cinéma : un jeune acteur, animé par une ambition vorace, gravit les échelons de la célébrité pour finalement délaisser ses proches et sombrer dans la vacuité. Raphaël Quenard, qui se met lui-même en scène dans ce rôle, pousse l’autodérision à son paroxysme. Déprimé, il rêve qu’il est un condor et se lance dans une aventure au Pérou, prétexte à une odyssée spirituelle aussi absurde qu’émouvante.
« Il y a tout, l’amour, l’amitié, la solitude, de la poésie, de la philosophie… », résume-t-il dans France Télévisions, évoquant un film fait de “matière drolatique”. Jouant avec les codes du mockumentaire, I Love Peru mêle les registres, alterne entre les confessions métaphysiques et les situations loufoques, tout en assumant pleinement son humour absurde et ses références ésotériques.
Une comédie collective et décalée
Outre sa mise en scène déjantée, I Love Peru s’illustre par un casting prestigieux qui semble s’être prêté au jeu avec enthousiasme. Jonathan Cohen, Emmanuelle Devos, José Garcia, Michel Hazanavicius ou encore Marina Foïs apparaissent dans des rôles aussi inattendus que savoureux. Le film devient alors une fresque farfelue sur l’ego, la célébrité et le besoin de réinvention.
Mais l’événement n’a pas seulement eu lieu à l’écran. Raphaël Quenard a marqué les esprits dès son arrivée sur le tapis rouge avec un invité particulier : un condor (ou plutôt, sa version costumée), symbole du Pérou. Une opération de communication aussi extravagante que réussie. « On est allé extraire de son milieu naturel le plus doux d’entre eux », plaisantait l’acteur auprès du Parisien, révélant que l’animal était en fait incarné par la sœur du coréalisateur Hugo David.
Avec cette œuvre hybride, Raphaël Quenard signe un autoportrait mouvant et décalé, qui s’amuse des codes du documentaire et du narcissisme ambiant tout en touchant, parfois, à quelque chose de sincère. I Love Peru sortira en salles le 9 juillet.