Sorti en salles le 18 juin, Elio, le nouveau film d’animation de Pixar coréalisé par Domee Shi et Madeline Sharafian, mêle humour, science-fiction et émotions profondes. Derrière ses décors colorés et ses créatures délirantes, ce voyage interstellaire explore les blessures de l’enfance, le deuil et le besoin d’appartenance avec une sincérité désarmante.
Un héros solitaire propulsé au cœur des étoiles
Orphelin depuis la mort accidentelle de ses parents, Elio vit avec sa tante Olga, militaire aspirant à devenir astronaute. Marginalisé et harcelé à l’école, ce jeune garçon rêve de trouver ailleurs ce que la Terre ne lui offre pas : une place où il se sentira enfin compris. Son souhait prend vie lorsqu’il parvient à envoyer un message dans l’espace et est enlevé par des extraterrestres, direction le Communivers – une gigantesque assemblée galactique représentant des civilisations venues des quatre coins de l’univers.
Là, il croise la route de Glordon, jeune alien lui aussi en rupture avec son monde, fils du seigneur de guerre Grigon. Le duo improbable noue une amitié authentique, l’une des clés émotionnelles du film. Ensemble, ils découvrent que leur différence est leur force, et que le lien avec leurs figures parentales, bien qu’imparfait, peut se reconstruire.
Une fable spatiale sur la parentalité et le deuil
Elio ne se contente pas d’embarquer les spectateurs dans une épopée cosmique. Le film aborde avec délicatesse la difficulté pour Olga d’endosser un rôle parental qu’elle n’a pas choisi, tout en poursuivant ses propres rêves. De son côté, Grigon incarne une paternité autoritaire et mutique, incapable d’exprimer son amour autrement que par des exigences. Ce double récit autour de la parentalité illustre la manière dont l’amour peut se construire malgré les maladresses, les silences et les blessures.
Les équipes de Pixar ont consulté des spécialistes du deuil et de la solitude infantile pour nourrir ce scénario dense. La productrice Mary Alice Drumm a ainsi mentionné des échanges avec le Dr Vivek Murthy, ancien administrateur de la santé publique aux États-Unis, dont les travaux sur « l’épidémie de solitude » ont grandement inspiré la trame émotionnelle du film.
Avec Elio, Pixar retrouve la veine de ses classiques les plus touchants, à l’image de Là-haut ou Wall-E, et signe un récit original à l’esthétique soignée, doublé d’une réflexion profonde sur l’identité, la perte et l’espoir. Malgré un lancement timide au box-office, ce conte galactique a tout pour devenir, à terme, une pépite mémorable de l’animation contemporaine.