Le retour de « Lilo & Stitch » sur les écrans en 2025, sous forme de remake live-action, est aussi attendrissant qu’inutile. Disney poursuit sa frénésie de recyclage en donnant une nouvelle vie à ce classique de 2002, mais sans réelle plus-value. Le résultat est un film techniquement soigné, mais plombé par une surenchère hollywoodienne et une absence flagrante d’originalité.
Le scénario, coécrit par Chris Kekaniokalani Bright et Mike Van Waes, reste pratiquement un copier-coller de l’œuvre originale signée Chris Sanders et Dean DeBlois. Toute la structure, les personnages et même certaines répliques sont repris à l’identique, comme si le studio craignait d’altérer une formule éprouvée. Mais à vouloir rester fidèle tout en forçant un virage spectaculaire à la fin — explosions, poursuite en Jet Ski et agents de la CIA — le film perd son âme au profit d’un divertissement calibré pour concurrencer un blockbuster à la « Mission: Impossible ».
L’histoire suit toujours Lilo, une fillette hawaïenne marginalisée et fantasque, incarnée avec fraîcheur par la jeune Maia Kealoha. Sa relation avec sa sœur aînée, jouée avec justesse par Sydney Elizabeth Agudong, forme le cœur émotionnel du film. Cette dernière, qui rêve de devenir biologiste marine, apporte une profondeur bienvenue. Le message familial — l’importance de l’amour dans un foyer imparfait — reste intact, heureusement.
Stitch, toujours doublé par Sanders lui-même, est recréé avec fidélité en animation numérique. Sa fourrure, son nez de koala et ses instincts destructeurs sont de retour, tout comme son évolution vers une créature capable d’affection. Mais les personnages secondaires pâtissent du traitement live-action : Zach Galifianakis et Billy Magnussen, censés incarner des aliens déguisés en humains, se limitent à des rôles de pantins maladroits, sans relief comique.
Des ajouts discutables plombent encore davantage le film : Courtney B. Vance incarne un agent du gouvernement qui abandonne tout sens de la réalité pour protéger un alien, tandis que Tia Carrere, ancienne voix de la sœur aînée, hérite du rôle d’une assistante sociale trop bienveillante. Même la violence du film, de l’électroménager saboté à des maisons en flammes, semble en décalage avec le ton général.
Réalisé par Dean Fleischer Camp, connu pour le poétique « Marcel the Shell with Shoes On », le film mêle habilement prises de vues réelles et personnages numériques. Mais ce savoir-faire technique ne suffit pas à justifier l’existence d’un remake qui, au fond, n’a rien de neuf à raconter.
Avec une durée étirée de 148 minutes, « Lilo & Stitch » en version 2025 ressemble davantage à une opération commerciale qu’à une tentative artistique. Le charme de l’original subsiste, certes, mais noyé dans une mer de bruit, de clinquant et de nostalgie recyclée. À quand un peu de courage créatif chez Disney ?
Note : 1,5 étoiles sur 4.